Des sans abris vivent dans la rue

L’homme: Si tu ne me donnes pas tout de suite mon riz, tu vas dormir ailleurs…

La femme (en larmes et criant pour se défendre): Puisque je te dis que non… je n’ai pas mangé ton riz… c’est du riz que j’ai ramassé et que j’ai emmené dans un sachet… non, je n’ai pas mangé ton riz…

J’étais déjà confortablement au chaud dans mon lit. Voilà que cette conversation m’a réveillée. Il devait être 22 ou 23 heures. J’habite dans un appartement situé dans une rue principale en plein centre ville. Il y a en bas de chez moi un vieillard et une jeune dame qui installent leur maison en sachet toutes les nuits et doivent la défaire tous les matins. Je me suis finalement habituée à ce genre de dispute. C’est toujours Monsieur qui grogne. Dès fois ils se disputent parce que, soit disant, la femme couche avec un autre, ou qu’elle devrait trouver du travail… Cette nuit là, c’était à cause de la nourriture. J’ai été écœurée d’entendre cette malheureuse dispute. La femme a tenté de raisonner son homme en lui expliquant qu’elle a ramassé le riz qu’elle venait de manger dans un bac à ordures. N’est-ce pas triste d’entendre cela?


Dans la même rue un peu plus loin, il y a un pont qui sert aussi d’abri aux gens qui n’ont pas de maison. Comme notre couple ci-dessus, ils ramassent des cartons laissés par les vendeurs qui accaparent les trottoirs dans la journée. Je suppose que ces sans-abris ont déjà un endroit spécial où ils rangent leurs affaires dans la journée. Et le soir venu, ils sortent tous leurs sachets et couvertures (qu’ils ont sûrement eu grâce à des dons de charité durant les fêtes d’indépendance ou les fêtes de fin d’année). Détrompez-vous; ce ne sont pas des corps (d’hommes morts) que vous voyez ci-dessus. Ce sont des gens qui dorment. C’est triste.

Toujours, en témoignage de la pauvreté qui règne, ce que vous voyez sur la photo  (à gauche) ci-dessus sont des objets que mon mari et moi venions de jeter dans le bac à ordures. 5 minutes après nous sommes repassés par là pour prendre le bus, et voilà que nous remarquions la cuvette abîmée et les bouteilles en plastique qu’on venait tout juste de jeter. A ce moment là, j’ai regardé le bac à ordures en question et qu’ai-je vu? Des enfants  en train de l’escalader, sûrement pour essayer de récupérer quelques objets qui pourraient encore leur servir.

Les histoires que je raconte aujourd’hui sont tout simplement écœurantes. Et devant de telles scènes, j’ai une envie immense de leur apporter de l’aide mais en suis malheureusement incapable.

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Jeune femme, maman, malgache, blogueuse, citoyen journaliste, photographe amatrice passionnée

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27 réflexions sur “Des sans abris vivent dans la rue

  1. Le fait d’avoir réservé tout un article aux sans abris est déjà synonyme d’aide et de soutien, il faut pas t’en vouloir…, quitte maintenant aux autorités compétentes d’assumer leurs responsabilités.

  2. C’est très triste la pauvreté s’installe de plus en plus et les statistiques sont fiers des chiffres qu’ils donnent alors que des milliers de gens n’ont même pas un droit à un petit bout de matelas pour dormir!!
    Obligé à vivre le jour, obligé à se cacher, obligé de mendier, obligé de se résigner
    A BAS LA PAUVRETE!!!
    C’est un des plus émouvants articles que j’ai lu sur mondoblog!! Encore bravo, tu sais toujours t’y prendre avec les choses délicates et toujours toujours les belles photos! chapeau!!
    Mais j’y pense quel avenir pour ces jeunes 🙁

  3. Jean Nirina dit :

    Tu parles de riz ramassé dans les ordures; de pleurs; d’un pont pour servir d’abri; de cuvette abimée; de bouteilles plastiques; de bac à ordures…
    OUi, c’est triste, triste, écoeurant…
    Mais dans certaines zones de notre « beau » pays, il n’y a même pas d’ordures où ramasser quelque chose, il n’y a pas de pont où s’abriter, pas de bouteilles plastiques, pas de bac à ordures où fouiller….
    Il n’y que des êtres humains, et même plus de larmes pour pleurer…
    Bon courage les jeunes, du travail vous attend…. Beaucoup plus que les 12 travaux d’Heracles.
    que DIeu vous aide! vous en avez besoin…
    ADIEU

  4. prettyzoely dit :

    Où sont les promesses de Andry Rajoelina maintenant ? Evanouies ! comme sa promesse de ne pas se présenter aux élections évanouie également !

    à nous de nous prendre en main même si c’est difficile surtout parce que c’est difficile ! qu’en pensez-vous ?

  5. Je confirme avec Andriamihaja que c’est l’article le plus émouvant que j’ai jamais lu sur Mondoblog. Très belle initiative de soulever ce problème, Ariniaina. J’ai vécu à Madagascar, beaucoup plus comme une vahiny que comme une vahaza, pendant près de 10 ans et mon coeur y est. Jamais je n’oublierai ces visages tristes d’Ambohijatovo, d’Analakely, de Soarano, du 67… C’est trop lourd d’émotions… Le plus dur c’est de savoir que les enfants des katramis ne vont pas à l’école, ils mendient, vendent les sachets au marché chaque jour. Desfois, on voit même des tout petits enfants, presque des bébés assis au bord des rues avec une canette vide en face d’eux, leurs parents les surveillant de loin. Alors lorsqu’un problème pareil touche plusieurs générations, c’est bien plus qu’alarmant !
    A manaraka indray,
    Nathalie

    • Nous sommes peut-être la solution??? Nous sommes conscients des failles… peut-être nous pourrons apporter quelques changements… mentaux pour commencer 😉
      Un sujet de débat ouvert je crois 🙂

  6. Article poignant. C’est triste de voir des personnes vivre dans de telles conditions. Mais je tiens à rappeler que ce n’est pas seulement en Afrique que les sdf existent? Il y en a dans tous les pays même en Europe et aux USA.

  7. doudah dit :

    merci à vous tous pour ces témoignages et commentaires. étudiant préparant un mémoire portant sur l’étude des sans abri. mais je vous incite à parler avec eux pour savoir quelles sont les circonstances qui les ont poussées à devenir sans abri , car il existe parmi eux ceux qui ont subi le non respect des droits de l’homme au niveau de leur travail, plusieurs viennent de la campagne pour chercher du travail mais ils n’en trouvent pas, et c’est ainsi que vous le voyez fouiller les ordures : « la richesse dans les poubelles ou les ordures » … Alors il faudrait bien inciter l’Etat Malagasy, les différentes associations et ONG à voir de plus près ces personnes sans abri à Madagascar car leur nombre ne cesse d’augmenter dans notre pays.

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