Madagascar : ce que le peuple ne veut plus en 2015

Ce billet s’adresse surtout aux dirigeants de Madagascar.
Il est d’usage, en début d’année, de faire une petite revue de l’année précédente. Certes, nous sommes déjà à la moitié du premier trimestre 2015; mais il n’est jamais trop tard pour tenter de remédier aux erreurs de 2014. Et d’ailleurs, il reste beaucoup à faire.

Je me suis donc permis de dresser une petite liste de ce qui n’allait pas en 2014 et qu’on ne veut plus retrouver en 2015.

1. Délestage:

Les trop fréquentes coupures d’électricité ont entraîné la colère noire des Malgaches, noire comme la seule couleur qu’ils peuvent admirer dans l’obscurité. C’est vrai, les coupures de courant sont rares ces derniers temps, mais qu’on ne nous fasse plus revivre le calvaire de l’année dernière!

2. Dahalo (niova fo ou pas):

Dernier cadeau que l’ancien premier ministre Kolo Roger a balancé aux Malgaches, le dahalo niova fo (bandits reconvertis) est une sorte de repentance générale pour les dahalo après qu’ils ont commis leurs méfaits. Quel que soit leur crime, les dahalo qui ont exprimé leurs remords ont reçu une aide de l’État et surtout l’effacement total et inconditionnel de leur acte.
Pour ceux qui ne le savent pas, initialement connus comme étant des voleurs de zébus, les dahalo terrorisent l’ensemble des campagnes malgaches en mettant à sac tous les villages qu’ils écument. On a assisté donc à l’intouchabilité de ces criminels sous prétexte qu’ils veulent « changer leur cœur » (traduction littérale de niova fo).
A part le doute sur le bien-fondé de l’histoire, c’est aussi la chose la plus enrageante et ridicule que je n’ai jamais entendue. L’État s’est beaucoup plus préoccupé de ces malfaiteurs soi-disant « repentis » tandis que le petit peuple continue toujours d’attendre qu’on se soucie de son sort.

3. Insécurité:

Puisqu’on parle de dahalo, il ne faut pas oublier de parler de l’insécurité. Je viens d’apprendre que les mesures de protection du président Hery Rajaonarimampianina ont été renforcées parce qu’on craint pour sa sécurité [en malgache]. Je me demande si les « gens d’en haut » sont conscients que nous, on n’a pas de garde du corps. On vit tous les jours dans la peur de se faire attaquer. Mon mari déjà été victime d’agression; des amis aussi. Encore heureux qu’il n’y a plus de problèmes de kidnapping d’enfants ces derniers temps.

4. Être classé parmi les dix pays les plus pauvres:

En tenant un blog, on a envie de ne parler que de choses agréables sur son pays. Pourtant en voyant des chiffres accablants montrant que Madagascar est le 5e pays le plus pauvre au monde, c’est plus que désolant, comment rester sans rien dire. Et même si je crois que chacun a sa part de responsabilité dans le développement du pays, c’est avant tout le principal devoir des dirigeants de relever la nation.

Et si on veut vraiment y arriver, il faudra surement commencer par:

5. Arrêter de faire des mauvais plans:

Avez-vous vu ou entendu parler des trous creusés à Ankadifotsy pour planter des arbres? D’accord, des arbres, on en a réellement besoin pour tenter de sauver notre environnement, mais ce n’était absolument pas l’endroit idéal pour le faire. Les responsables s’en sont bien rendu compte, mais c’était déjà un peu tard. On a dépensé de l’argent, du temps, des énervements des automobilistes avant de devoir réparer les erreurs. Et ce n’est qu’un exemple.
Sinon, pourquoi ces minces couches de goudron pour reboucher les nids de poules? Pourquoi ne pas investir beaucoup plus pour les réparations ou même pour les constructions pour ne pas avoir à les refaire l’année prochaine?

6. Arrêter les faux frais:

Les citoyens s’indignent avec les dépenses plus qu’exorbitantes, voire anormales et non nécessaires de l’État pour les parlementaires (rémunérations équivalentes au salaire de deux cadres supérieurs, plus de 3 millions d’ariary de carburant… ). Députés qui, en malgache signifient solombavambahoaka (avocats du peuple), n’ont à aucun moment jusqu’ici représenté mes intérêts mais plutôt les leurs.

7. Fausses promesses:

Par-dessus tout, le peuple en a marre des mensonges, des belles paroles, des promesses en l’air et des excuses qui sonnent creux.

Bien évidemment, la liste peut être encore bien plus longue. J’appelle à votre aide pour la compléter en commentaires. Croisons les doigts pour qu’on se fasse entendre.

The following two tabs change content below.
Jeune femme, maman, malgache, blogueuse, citoyen journaliste, photographe amatrice passionnée

Derniers articles parariniaina (voir tous)

2 réflexions sur “Madagascar : ce que le peuple ne veut plus en 2015

  1. nj dit :

    L’action a été faite, cela requiert une , et même plusieurs réactions de la part des followers!! je dis chapeau pour le courage et l’audace de dire tout haut ce que nous pensons …. tout bas…. tout a été dit clairement, sans aucun détour. Je n’aurai pas pu dire mieux. 🙂 Merci!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *