Rencontres du Film Court – Le public s’exprime

Hier soir (17 Avril 2015), j’ai assisté à l’ouverture officielle de la 10ème édition des Rencontres du Film Court (RFC)– Madagascar. C’est parti pour 9 jours de festival. Au programme: projections de films, ateliers et rencontres avec des professionnels du cinéma.

J’arrive au parking de la Gare Soarano. Je m’installe. Et voilà qu’un ami m’interpelle. Je lui lance: « Ah, Salut!… Alors, qu’est-ce tu fous ici? » L’ami qui s’appelle Mika me répond: « J’aimerai voir si les malgaches ont gagné en expérience dans la réalisation de films et dans l’interprétation des rôles. Je suis persuadé qu’ils peuvent être bons.« 

Je suis moi-même venue pour voir où en sont les cinéastes malgaches. J’apprécie particulièrement les films projetés durant les RFC. A mon humble avis, ils sont loin d’être des produits bassement commerciaux comme ceux vendus dans les rues. On ressent le travail, les recherches et surtout la passion qu’il y a derrière.

La rencontre avec cet ami a été un déclic: pourquoi ne pas connaitre l’avis du public? J’ai eu donc de brèves discussions avec certains d’entre eux.

10e Rencontres du Film Court - Madagascar

Toutes ces personnes s’accordent à dire que les films gasy connaissent une nette amélioration. Comme Njo qui déclare: « Le produit gagne en qualité. Au tout début des RFC, j’étais assez dubitatif. Mais on sent vraiment qu’il y a eu un réel effort des réalisateurs et des organisateurs. » C’est un constat qui est partagé par Anjara: « Je constate que nous avons aussi de très bons films et de belles réalisations ici à Madagascar. Il y a  des réalisateurs qui maitrisent déjà tous les cotés techniques. Je citerai en particulier, un ami, Nantenaina Fifaliana. Certains acteurs maitrisent aussi leur performance. »

« C’est déjà bien mais il y a encore du chemin à faire« , dit Andry. Il a soulevé les problèmes de budget et de matériels. Stéphanie confirme ce problème financier: « Le problème à Madagascar, les cinéastes n’ont pas toujours les fonds nécessaires pour faire un film. Le Ministère de la culture et du patrimoine ne s’occupe pas des sorts de ces réalisateurs gasy. » Elle ajoute: « Le plus souvent, le bruitage des films malgaches est encore mal maitrisé. On entend plus les bruits des voitures que le dialogue des acteurs. »

Je pense que les organisateurs des Rencontres du Film Cours peuvent se féliciter de la réussite et de la renommée de cet évènement. Mots du public avec qui j’ai discuté:

Andry: « C’est une bonne initiative. »

Stéphanie: « J’aime le Festival Rencontres du Film Court parce que ça me permet tout d’abord de mieux apprécier le talent des réalisateurs malgaches mais ça représente aussi une opportunité de voir les réalisateurs étrangers qui viennent chaque année aux RFC. »

Li: « Ce qui me motive à venir assister aux RFC c’est pour connaitre les réels vécus de l’Homme à travers les films. Le public devrait ressentir que la pauvreté et l’angoisse qui transparaissent dans ces films sont le quotidien des malgaches. »

Njo: « J’apprécie les RFC. En 10 années d’existence, le festival n’a pas cessé d’évoluer. Cet évènement a sa raison d’être. J’espère que l’amélioration continuera. J’espère aussi voir ces films malgaches diffusés à la télévision et dans les salles de cinéma. »

Les RFC sont pour moi une occasion unique de découvrir des nouveaux talents et surtout des chefs-d’œuvre cinématographiques. Je m’intéresse particulièrement aux œuvres malgaches. Bon festival aux organisateurs, aux cinéastes et aux cinéphiles!

 

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Jeune femme, maman, malgache, blogueuse, citoyen journaliste, photographe amatrice passionnée

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