Que faire sans sacs plastique ?

Que faire sans sacs plastique ? Plusieurs se posent cette question. En effet, la loi bannit les sachets et sacs plastique à Madagascar à partir du 1er octobre 2015.

Cette loi entre a priori dans le cadre de la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination, mais prend part également dans la lutte contre le changement climatique. La production des sacs en plastique consomme des produits pétroliers, de l’eau, de l’énergie, et émet des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.

Que pensent les gens de cette loi ? Que prévoient-ils pour remplacer les sacs plastique ?

Je suis allée au marché d’Andravoahangy pour parler aux consommateurs et vendeurs, premiers touchés par cette loi.

Beaucoup s’accordent à dire que c’est une bonne initiative de la part de l’État pour préserver l’environnement. En effet, les sacs plastique sont jetés n’importe où et bouchent les canalisations, flottent sur les fleuves, volent un peu partout dans la nature.

N’empêche que des doutes s’installent. Côté vendeurs : « Nous n’avons aucune idée de remplacement pour ces sacs plastique ». C’est aux clients de se débrouiller disent certains « s’ils n’achètent pas, tant pis », ajoute Mme Lija vendeuse de fruits ; c’est à l’État de proposer une solution suggèrent d’autres « Ils ont décidé cette loi. Ils n’ont qu’à proposer des solutions ». Quelques vendeurs s’en préoccupent sérieusement,car les clients ne veulent rien savoir, disent-ils, et n’achètent pas si on ne leur donne pas de sacs « et ce sera sûrement une dépense de plus qu’on devra ajouter au prix des marchandises », s’inquiète Claudine, vendeuse de légumes.

Photo: Ariniaina

Panier en paille

La plupart des consommateurs, quant à eux, avouent avoir un peu de mal à se passer de ces sacs. Beaucoup attendent de voir ce qu’on leur proposera comme solution et ne s’en préoccupent pas trop pour le moment. Les sacs en papier feront sûrement leur retour. Des sacs en toile sont déjà sur le marché. Sinon, il y a le traditionnel panier en paille « vita Malagasy ».

Ou des sacs biodégradables

J’ai fait la rencontre de Mamitiana Razanakolona, responsable des ventes chez Gasyplast. Cette entreprise 100 % Malagasy, officiellement créée en novembre 2014, propose des sacs biodégradables.

Les sacs sont fabriqués à base d’amidon de manioc et sont entièrement biodégradables. Ils ne contiennent aucun composant chimique et n’ont aucun effet néfaste pour le sol. Au contraire, ils améliorent l’apport calorifique du sol.

Après avoir suivi une formation en Indonésie, le personnel de Gasyplast a acquis le savoir-faire et l’entreprise dispose de machines de pointe et de son propre laboratoire.

Photo: Ariniaina

Sac biodégradable produit par Gasyplast

Gasyplast peut produire 18 modèles de sacs de différentes tailles : sac à poignée haricot, sac à poignée à bretelle, sac à ordures, sac de blanchisserie, pot de pépinière…Un show-room ouvrira très prochainement ses portes à Anosivavaka où les consommateurs pourront se procurer ces sacs biodégradables qui seront, pour le moment, vendus en packs.

« Nous avons déjà élaboré le projet depuis bien longtemps car notre but est d’aussi préserver l’écologie. La sortie du décret n’a fait qu’accélérer les choses,» précise Mamitiana. « Même s’il y a des points négatifs comme la perte de travail pour plusieurs personnes, nous prenons cette loi positivement. Elle a pour but de préserver et d’améliorer l’environnement et ça coïncide avec l’objectif de Gasyplast, » ajoute-t-elle.

Le prix de ces sacs biodégradables sera légèrement supérieur à celui des sacs plastique. Il faut considérer que, pour le moment, Gasyplast importe les matières premières. Le marché local n’arrive pas à satisfaire le besoin en amidon de l’entreprise qui est d’une tonne par jour. Aussi, elle ne possède pas encore la machine pour produire les matières premières.

« Nous espérons que, dans un futur assez proche, nous puissions travailler avec des paysans et entreprises locaux. Les paysans fourniront ainsi les matières brutes et une autre entreprise produira l’amidon, » dit Mamitiana.

L’Afrique bannit les sacs plastique

L’Afrique du Sud et le Rwanda ont été les premiers sur le continent à prendre des initiatives pour interdire les sacs plastique. D’autres pays ont ensuite emboîté le pas tels que la Tanzanie, le Gabon, la Somalie, le Botswana, l’Algérie, le Tchad, le Maroc, le Cameroun, la RDC  le Mali, la Mauritanie, le Togo, la Côte-d’Ivoire, le Burkina Faso, la Guinée-Bissau, le Niger…, très récemment Madagascar et le Sénégal.

 

 

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Jeune femme, maman, malgache, blogueuse, citoyen journaliste, photographe amatrice passionnée

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