COP21: de l’espoir pour l’Afrique?

Nous sommes à deux jours de la fin de la COP21 et un suspens insoutenable plane sur la ville: l’accord de Paris sera-t-il signé ou pas ? Beaucoup semblent pessimistes.

Amy Dahan Dalmedico, directeur de recherche au CNRS et directeur-adjoint du Centre Alexandre Koyré : « Là, on est à mi-parcours, je ne sais pas comment ça va se finir. Il faut qu’il y ait une clause de révision des engagements régulières et transparentes. C’est très important. Si on n’y arrive pas cette année, il faudra qu’on revienne à la charge l’année prochaine. Sinon, ce sera toujours un divorce entre les mots et les actes, les paroles et les faits. Il faut qu’on en parle, que les projecteurs soient braqués sur les pays pour voir où est-ce qu’ils en sont, avec les scientifiques qui surveillent. »

Mais qu’est-ce qu’on peut déjà retenir de la COP21?

Amy Dahan Dalmedico

Amy Dahan Dalmedico

Amy Dahan Dalmedico: « Ce qui a changé par rapport aux autres années, c’est que tout le monde est là. Tout le monde s’est engagé à combattre le changement climatique. Donc, de ce point de vue là, tout le monde est concerné. »

En effet, les pays ont montré leur volonté de s’engager dans la lutte contre le changement climatique notamment en soumettant leurs contributions nationales (INDC). 53 sur 54 états africains ont fait leur part.

Dr Johnson Nkem

Dr Johnson Nkem

Lors de la journée de l’Afrique, le 8 décembre, Dr Johnson Nkem de la commission économique des Nations Unies pour l’Afrique déclara : « Les INDC des pays africains couvrent au total 10 secteurs: l’énergie, l’agriculture, la foresterie, l’industrie, la gestion des déchets, le transport et infrastructures, la santé, l’écosystème et la biodiversité, la ressource en eau et la protection des zones côtières. »

Hery Rajaonarimampianina, président de la république malgache, a d’ailleurs précisé dans son discours: ‘’Je porte ici aussi la parole des 600 000 sinistrés climatiques que nous enregistrons chaque année, je parle de la destruction des infrastructures sociales et de production, ainsi que de la perte de récoltes par milliers de tonnes, due à l’ensablement des surfaces cultivées, alors que l’amélioration de la nutrition de notre population est une préoccupation centrale dans notre lutte contre la pauvreté. Le changement climatique est en train de miner ce que nous avons de plus important pour notre développement: notre Capital naturel.’’

Madagascar, dans ses INDC, s’engage ainsi à réduire de 14% ses émissions de gaz à effet de serre. ‘’Avec l’appui de nos partenaires, nous estimons pouvoir atteindre l’objectif de réduction de 30%. Dans cette même ligne, Madagascar, augmentera de 32% sa capacité d’absorption d’ici 2030 et s’efforcera de consolider un puits de carbone compatible avec son essor économique’’, dit le président de la république malgache.

Où en est l’Afrique dans ces négociations? Peut-on être confiant?

Activistes représentant la société civile à la COP21

Activistes représentant la société civile à la COP21

Le Réseau Action Climat estime que « Jusqu’à présent, la société civile africaine a trop peu entendu les pays africains dans ces négociations climat. Il reste quelques heures seulement aux Ministres et chefs de délégations africains pour prendre la parole pour défendre haut et fort les intérêts leurs populations, qui sont déjà très affectées par les changements climatiques. Ils ont dans leurs mains le destin des communautés africaines, les plus pauvres et les plus vulnérables.’’

Amy Dahan Dalmedico est persuadée que : « L’Afrique n’aura pas suffisamment encore de garantie sur l’argent qu’elle devrait recevoir. Pas mal de pays africains ont fait des efforts en ce qui concerne les INDC mais à condition qu’ils reçoivent les fonds nécessaires évidemment. Ils vont en recevoir un peu. Mais d’abord, ce ne sera pas pour tout de suite. D’ici 2020, rien n’est garanti comme somme. Je pense que de ce point de vue là, il faut continuer à se battre pour une augmentation des chiffres. Et ce n’est pas seulement l’Afrique qui se bat. Tout le monde est conscient du fait qu’il faudra beaucoup d’argent pour équiper, aider un continent comme l’Afrique à prendre une énergie soutenable et aussi adapter l’agriculture aux impacts climatiques. »

Michel Omer Laivao, responsable de l’unité changement climatique au ministère malgache de l’environnement et des forêts, déclare quand à lui que « Les négociations sont toujours en cours et on exploite à fond toutes les techniques de négociation. L’Etat Malgache n’est pas perdant tant que la COP n’est pas terminée. »

 

 

 

 

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