Capharnaüm, l’histoire d’une enfance sacrifiée

Dimanche après-midi, j’avais un peu la flemme de sortir de la maison pour aller voir un film. Alors, j’ai bien regardé l’invitation et j’ai vu que celui-ci parle de droits de l’enfant et qu’il a reçu le Prix du Jury du Festival de Cannes en 2018. Puis, je me suis dit qu’il doit être bon. Il s’agit de Capharnaüm, un film libanais réalisé par Nadine Labaki.

Capharnaüm débute dans un tribunal où un petit garçon du nom de Zain porte plainte contre ses parents pour lui avoir donné la vie. Du haut de ses 12 ans, il est détenu en prison parce qu’il a poignardé quelqu’un. Le film est captivant du début jusqu’à la fin. Il se déroule en flashbacks entre le tribunal et les aventures (ou mésaventures) de ce petit garçon qui a fui ses parents. Il ne pouvait plus supporter les maltraitances et surtout l’injustice lorsque ses parents ont donné sa sœur de 11 ans en mariage. Cette scène m’a fendu le cœur. Bon, je m’arrête là sinon je risque de vous raconter tout le film. No spoil.

Capharnaüm est un film très poignant et émouvant. On dirait presque un documentaire tellement tout semble refléter la réalité, aussi bien les acteurs – non professionnels – que l’histoire ou le cadre. La pauvreté des gens m’a beaucoup frappé. Ils se savent insignifiants et chacun essaie juste de survivre comme il le peut. Les insultes et la violence font partie intégrante de leur quotidien.

En regardant ce film, j’étais tellement bouleversée que j’ai laissé mes larmes s’échapper. La vie est parfois trop injuste. Je me suis dit que jamais plus je ne regarderai les mendiants de la même manière. Personne ne choisit de vivre dans les rues. Chacun a sa propre histoire qu’on ne peut même pas imaginer. Les gens ont parfois l’habitude de juger sans savoir.

Je suis aussi d’accord avec Zain. Mettre au monde un enfant dont on ne peut pas s’occuper est un crime. Ce petit ne va pas à l’école. Il travaille pour ramener de l’argent à la maison. Il participe à un trafic illégal de médicaments avec sa famille. Et comme si cela ne suffisait pas, il est mal aimé, maltraité et constamment insulté par ses parents. Ça ne peut pas être une vie pour un enfant. Malheureusement, ça ne se passe pas qu’au Liban mais dans le quotidien de plusieurs malgaches aussi.

Au final, je n’ai pas du tout gâché mon dimanche après-midi en allant regarder ce film. Capharnaüm est d’une authenticité rare, loin des grandes mises en scène ou effets spéciaux. Je remercie l’Unicef Madagascar pour l’invitation. Et pour ceux qui recherchent une bonne dose d’émotions, Cinépax diffuse le film les 12, 13 et 14 février 2019 à 18h. Aux dernières nouvelles, ce film est aussi nominé aux oscars 2019 dans la catégorie des films en langue étrangère.

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Jeune femme, maman, malgache, blogueuse, citoyen journaliste, photographe amatrice passionnée

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