Le 11/11/11, participez au récit de l’humanité

Appel à tous les citoyens du monde entier, vous êtes invités par 11Eleven Project à un événement de narration collaborative dans l’histoire humaine. En effet, le 11 Novembre 2011, pendant 24 heures,  toute personne ayant accès à un caméscope, un appareil photo, un téléphone portable, un magnétophone, internet sera invitée à capturer « un jour dans la vie de notre monde ».

Pourquoi le 11/11/11? Cet alignement de 1 est spécial et mérite d’être marqué. C’est dans ce contexte qu’est né le 11Eleven Project (Projet 11Onze) dont le but est d’unir les gens de toutes les nations du monde par des images, des vidéos, la musique, le son, des textes. C’est pour donner l’occasion aux gens de voir notre planète comme une entité singulière.

Je suis l’ambassadrice du 11Eleven Project pour Madagascar. Mon rôle est de faire connaître l’événement dans tout le pays et de sensibiliser le plus de monde possible à participer à l’événement 11/11/11. Moi, personnellement, j’adore cette idée de réunir toute l’humanité en 1 journée. Une des raisons pour lesquelles j’ai adhéré à cet événement, c’est parce que je pense sincèrement que c’est une occasion en or pour mon pays de montrer au monde qu’on peut parler de Madagascar au delà de la crise politico-économique, et du fameux film d’animation de Steven Spielberg, parce qu’on est aussi une belle île tropicale avec une biodiversité unique, des gens super sympathiques (oui, c’est ce qu’on dit)…

Mais vous aussi, où que vous soyez, pouvez « Rejoindre la Révolution » et vous inscrire dès aujourd’hui au http://11elevenproject.com [EN]

Ensuite, le 11/11/11, enregistrez tout ce qui vous marquera pendant cette journée. Vous avez le choix entre la photographie, les vidéos, l’enregistrement de son, le partage d’une musique que vous avez créé, le live-tweet, les billets de blogs.

Comment partager vos œuvres?

Pendant et/ou après le 11/11/11, vous pouvez télécharger vos œuvres sur le site de 11Eleven Project ici. Mais vous pouvez également les mettre directement sur vos comptes Flickr (pour les photos), YouTube et Vimeo (pour les vidéos), SoundCloud (pour le son) et vos blogs en ajoutant le tag #11ELEVENLIVE. Pour les utilisateurs de Twitter, le hashtag est le même #11ELEVENLIVE.

Pou cette même occasion, le Global Voices invite les blogueurs à aussi écrire sur le sujet : “Le monde tel que je le souhaite dans 100 ans”.

Les utilisateurs de iPhone peuvent télécharger une application gratuite qui se chargera automatiquement du partage de vos œuvres.

 

Quel est le prix à gagner? C’est une question qui m’a été posée lorsque j’ai discuté du projet avec quelques amis. Et bien, le prix est tout d’abord, selon moi, la fierté d’avoir représenté son pays. Mais vous verrez aussi vos œuvres transformées par l’équipe de 11Eleven Project  en quelques projets différents incluant une série de livres, une collection de musique mondiale et un film documentaire.

 

Moi en tout cas, je participerai au Projet. Le 11/11/11, je serai au rendez-vous. Je prévois de prendre quelques clichés de ma ville, envoyer des tweets de ce que je vivrai ce jour là et le soir venu, poster un billet ici qui résumera les aventures de la journée. Et vous?

Liens pour suivre 11Eleven Project:

Site Web: http://11elevenproject.com

Facebook: 11/11/11 (page en Anglais); Projet 11Eleven (page en Français); Tetikasa 11Eleven (page en Malgache)

Twitter: @11Elevenproject

 

 

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Un étrange cercle autour du soleil

Il est 11h, très vite je prends mon appareil photo et je sors de la maison pour tenter de prendre « l’étrange soleil » en photos. En effet, ce vendredi 14 octobre entre 10h30 – 12h, le soleil tananarivien était entouré de cercle. Les gens étaient étonnés de me voir avec l’appareil photo pointé vers le ciel (ou était-ce la tunique et le mini-short? [rire]). En me voyant, les gens regardaient le ciel à leur tour et poussaient des « oooooohhh! » et des « aaaaaaaahhh ». Les gens dans les taxi-be (un minibus qui sert de transport public à Madagascar) s’étonnaient encore plus parce qu’ils n’étaient pas en mesure de voir ce qui pouvait bien nous attirer dans le ciel.

Le plus drôle – mais qui ne m’étonne plus – c’est la remarque de certains gens: « Tu vois, c’est un signe. La fin du monde approche« . Et oui, il y a des gens comme ça qui croient ou inventent n’importe quoi à chaque fois qu’il y a un phénomène qui leur paraît « bizarre ». D’ailleurs, ca me fait rappeler l’éclipse solaire de 2001 où l’Etat Malagasy a fait d’énormes efforts pour partager gratuitement des lunettes spéciales et même des gens du monde entier sont venus à Madagascar juste pour ne pas rater cet événement du siècle. Et qu’est-ce que des gens de mon quartier ont fait? Figurez-vous qu’ils se sont enfermés chez eux, couverts de couverture de la tête aux pieds parce qu’il paraît qu’un moindre rayon de soleil pourrait les rendre aveugles ou les brûler la peau.

Moi-même, j’ai trouvé le soleil d’aujourd’hui bizarre. C’est la première fois que j’ai vu un « cercle net » autour du soleil. Mais je me suis dit qu’il y a bien des explications. Alors en cherchant un peu j’ai trouvé que ce phénomène s’appelle « Halo solaire« . Cette un phénomène semblable à l’arc-en-ciel. Les halos se forment par la réflexion ou la réfraction de la lumière des cristaux de glace des nuages dans l’air. Et ce n’était pas le seul halo qui s’est déjà passé à Madagascar, l’article ici en est un exemple.

Bref, voici quelques images que j’ai réussi à prendre.

 

Juste une dernière petite chose. C’est ma sœur qui m’a téléphoné pour me dire de sortir de la maison et regarder le soleil. Elle voulait que je prenne des photos et que je les partage sur le net. Quand j’ai commencé à bloguer sur DagoTiako et quand je me suis lancée dans l’aventure Mondoblog, ma famille me trouvait dingue. Maintenant, elle me soutient à fond. Mes frère et sœur me filent parfois des tuyaux intéressants que je pourrai bien raconter sur mon blog. Et même aujourd’hui le temps de prendre et télécharger les photos, mon frère a gentiment gardé mon fils :)

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Les tabous ou « Fady » pendant la grossesse

Dès mon jeune âge, j’ai entendu toutes sortes de croyances et de superstitions malgaches. Pourquoi j’ai du mal à y croire? Tout simplement parce que les explications qui vont avec sont la plupart du temps bizarres et voire improbables. Ne pas montrer un tombeau du doigt, il faut montrer avec un poing au risque d’avoir la lèpre. Ne pas donner de coups de pied au mur; vos grand-parents vont mourir. Ne jamais frapper quelqu’un avec un tissu; celui-ci deviendra fou… Bon, aujourd’hui, on va plutôt parler des « interdits » qui concernent les femmes enceintes. En effet, elles ont particulièrement droit à beaucoup de « fady » (tabous) pour que la grossesse se passe bien et pour s’assurer que bébé arrive « normalement » dans ce monde pour la grande joie de tous car depuis toujours, les enfants représentent une richesse pour les familles malgaches. Voici une liste non exhaustive de ces prétendus tabous:

 

Ne pas manger à même la louche sinon bébé aura une grande bouche

Ne pas porter du poisson dans un panier ou sur la tête (et ne pas en manger) sinon bébé aura des écailles sur la peau.

Ne pas porter un melon ou une citrouille sur la tête sinon bébé sera chauve.

Ne pas se toucher la figure, la peau après avoir mangé quelque chose (et en ayant les mains sales) sinon bébé aura des taches sur sa figure ou sur sa peau.

Ne pas apporter des gingembres dans ces poches sinon il poussera un sixième doigt ou orteil à bébé.

Ne pas manger de pattes d’oie ou de canard sinon les doigts des mains et/ou des pieds vont coller.

Ne pas porter une ceinture, une écharpe (un collier) sinon le cordon ombilical va s’enrouler autour du fœtus.

Faire attention avec qui l’on se fâche/se dispute sinon bébé ressemblera à cette personne.

Ne pas se moquer des personnes handicapées sinon bébé aura un handicap.

Ne pas s’asseoir dans une soubique sinon l’accouchement sera difficile.

Ne pas porter un chapeau sinon l’accouchement sera difficile.

Ne pas s’asseoir sur le seuil de la porte sinon bébé sera têtu.

Ne pas entrer dans une pièce où il y a un défunt  au risque de perdre bébé.

J’ai lu ici un article intéressant partageant quelques interdits pour éviter de perdre bébé pendant la grossesse et pour ne pas être stérile. A lire.

 

Une petite réflexion tout de même. Aux temps des Ntaolo (ancêtres) Malagasy, la science n’était pas encore leur fort. Aussi, les « interdits » ne collent pas souvent avec les explications mais des cas se sont sûrement présentés.

Dès fois aussi c’est pour tout simplement duper les gens. Par exemple: Le « Vodiakoho » ou les fesses du poulet sont réservées aux « Raiamandreny » – parents ou plus âgés. Gare aux jeunes ou enfants qui les mangent, leurs dents vont tomber et ne repousseront plus. La vérité c’est que cette partie là est la meilleure que les adultes veulent la garder pour eux.

Les gens d’autrefois ne se posaient pas trop de questions, je suppose. Ils respectaient les tabous; peut-être aussi pour respecter les parents (plus âgés) et ne pas les contredire. De nos jours, et avec la grande avancée de la science, pour des gens (entêtés) comme moi, ce ne sont que des superstitions. Tout dépend de chacun: croire ou pas; respecter ou pas.

Sinon, pourquoi j’ai du mal à croire à ces « fady » déjà? Une petite histoire (qui n’a rien à voir avec la grossesse) dont je me rappelle en écrivant cet article. J’ai tapé la tête de ma sœur avec une louche en bois. Et  j’ai attendu, attendu et attendu; il ne se passa rien. Et puis zut alors! N’était-il pas défendu de taper la tête de quelqu’un avec une louche en bois sinon celui-ci se transformerait en un singe???  Là vous êtes sûrement en train de vous marrer mais juste une toute petite chose. Attention, j’adore ma sœur hein; ça s’est passé pendant une stupide dispute d’enfance ça. Et au fait, si, il s’est passé quelque chose quand même juste après le coup. Des cris de larmes de ma sœur et une grosse punition de maman pour cette grande sœur indigne XD

 

 

 

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TEDxAntananarivo 2011: Lutte contre le cancer de la femme

Samedi 14 Mai, jour J pour le TEDxAntananarivo.

TED, qui veut dire Technology, Entertainment, Design (Technologie, Divertissement, Design), est un évènement lancé en 1984 avec le leitmotiv « Ideas Worth Spreading » (Les idées valent d’être diffusées). Le x qui vient avec TED veut dire « Évènement TED organisé indépendamment ».

Nous arrivons donc au TEDxAntananarivo, évènement initié et organisé par le jeune TED Fellow Malgache Harinjaka Andriankoto RATOZAMANANA. TEDx Antananarivo était à sa troisième édition le 14 mai 2011 avec comme thème « Une autre façon de lutter contre le cancer des femmes »  notamment les cancers gynécologiques et mammaires.

C’était un grand plaisir pour moi de participer au live-tweeting de cet évènement (et celui de l’année dernière « Il est temps d’agir pour la nature »).

Le TEDxAntananarivo 2011 a été sponsorisé par la Fondation Akbaraly. Il faut dire que le nom Ylias AKBARALY est très connu dans le monde du business à Madagascar. Cinzia AKBARALY, l’épouse de Ylias, est l’initiatrice de la fondation visant à aider les femmes cancéreuse à Madagascar grâce à l’un de ses projets: 4aWoman (Pour une femme). Cinzia elle-même a été guéri du cancer.

Orange Madagascar, dans le cadre de son département RSE – Responsabilité Sociale de l’Entreprise – a été également sponsor officiel du TEDx Antananarivo 2011. Orange, opérateur mobile et fournisseur d’accès internet, a doté les blogueurs malgaches d’une salle « Blogger Alley » et d’une connexion internet qui nous a permis de relayer l’évènement au monde entier.

Dans le Blogger Alley - Photo: Tahina

Malgré le commentaire de Madagascar-Tribune sur le fait que le groupe Akbaraly est un gros fournisseur de tabac à Madagascar, activité contradictoire avec la lutte contre le cancer, j’ai apprécié beaucoup de choses au TEDx Antananarivo.

J’ai été touchée par les témoignages courageux de quelques participantes.

Un des témoignages le plus émouvant, Marie Aude RANDRIANOME a partagé son expérience et a même versé quelques larmes.

C’est dur d’apprendre que vous avez le cancer mais la joie de vivre peut être une bonne solution: Marie Aude a adopté un chien, a fait pousser des fleurs…

Marie Aude avait gardé une chanson en tête pour qu’elle reste forte dans son combat: « Za tsy kivy, toujours ambony môraly » (Je ne suis pas découragée, j’ai toujours le moral au plus haut) – Chanson de Farah John’s.

@harinjaka

C’est avec tristesse que j’ai appris la mort de Marie Aude. Elle nous a quitté le lendemain du TEDxAntananarivo. Qu’elle repose en paix.

@thierry_ratsiz

J’ai été très surprise d’apprendre que la chanteuse malgache, Tiana  RANDRIANARISOA, a été atteinte de la leucémie. C’est un cancer, explique-t-elle, mais les médecins ont essayé de trouver un autre nom pour essayer de ne pas nous faire peur. La maladie l’a obligé à arrêter pendant quelques temps son travail parce qu’un artiste est devenu un objet, dit-elle, et qu’elle ne pouvait pas monter sur scène avec son corps déformé et ses cheveux qui tombaient à cause de la chimiothérapie. La maladie l’a inspirée. Tiana a alors pu composer un nouvel album pendant son séjour de deux mois à l’hôpital. Elle nous a chanté une de ses chansons au TEDx Antananarivo: « Hirao » (Chante… Peu importe combien la vie est dure, chante la). Tiana a su surmonter sa maladie grâce au soutien de sa famille.

Le couple Pascaline et Michel DHENIN confirme ce besoin d’être entouré et soutenu par la famille quand on est atteint du cancer. Sans cela, le malade peut avoir plus de traumatisme.

@1975jmr

Après tout, le cancer n’est pas une peine de mort, comme l’a dit l’animateur de l’évènement.

@tandriamirado

L’équipe de l’hôpital  HJRA ayant une branche spécialisée dans le traitement des cancers de seins ont parlé d’une insuffisance en matériels et équipements qui en plus, tombent souvent en panne. J’espère que le projet de construction de nouvel hôpital présenté par Theodore LIOUNIS se concrétisera bientôt.

@barijaona

Heureusement qu’il y a déjà la fondation 4aWoman, le centre de cancérologie à Fianarantsoa projet du Dr Mario SIDERI et Cie. Mais il y a aussi l’IMRA (Institut Malgache de Recherches Appliquées) qui continue le travail de son fondateur Pr Albert RATSIMAMANGA et tente toujours de nouvelles expériences pour trouver de nouveaux médicaments à base de plantes. J’espère surtout que nos vaillants médecins et chercheurs trouveront un moyen de réduire les coûts du traitement du cancer.

@saveoursmile

J’ai vraiment essayé de faire court. IL y a tellement à dire. En tout cas, vous pouvez retrouver tous les tweets sur l’évènement sur #TEDxTNR

Pour terminer, on peut dire que les bloggueurs ont fait du bon boulot lors du TEDxAntananarivo. A la fin de la journée, comme récompense, on apprend que le #TEDxTNR est dans le top 5 des tags populaires de la journée.

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Les forces de l’ordre ont-elles le droit de faire des massacres?

Lundi, en prenant un taxi, le chauffeur, on va le nommer Mahefa, s’est mis à parler de tout et de rien pour faire la conversation. C’est alors qu’il a entamé une histoire d’arrestation faite par la police. Mahefa a commencé par dire qu’il était d’accord que les policiers tuent directement tous les malfaiteurs. Encore faudra-t-il que ce soit le bon, a-t-il rajouté. Très intéressée par son histoire, je lui ai demandé plus de détails.

Alors voilà, Mahefa avait un ami chauffeur de taxi comme lui. Un jour, il a rencontré cet ami confortablement assis dans sa voiture de fonction en sirotant une bière en milieu de journée et en plein centre ville. « Alors, tu ne travailles pas? Ou c’est l’heure d’une pause », a-t-il demandé à son ami qui avait même enlevé sa lanterne de taxi. Ce dernier lui a rapidement expliqué qu’il était loué par trois gars (ou quatre, il n’était pas très sûr) pour la journée. Ils lui ont offert une bière le temps qu’ils aillent voir des connaissances dans les alentours.

Mahefa est reparti conduire un client. C’est le lendemain matin qu’il découvre dans les journaux que son ami a été tué par la police. En fait, les gars qui l’ont loué étaient des brigands traqués par la police. Une fois qu’ils sont tous remontés dans le taxi de l’ami de Mahefa, les policiers ont tiré sur les bandits y compris le chauffeur. Mahefa est prêt à jurer que son ami était un type vraiment bien qui n’aurait jamais pu être un criminel mais par malchance, la police a cru qu’il était de la bande. Mahefa se fout pas mal des bandits tués mais se désole pour son ami.

Ce n’est pas la première fois que la police tue directement les criminels (et même des non criminels). Tiens, par exemple, le 23 mars 2011, dans mon quartier, quelqu’un venait de faire un retrait à un guichet automatique. Des bandits l’ont attaqué, ont volé l’argent et ont pris la fuite. Très vite des policiers sont arrivés. Prise de panique, les malfrats se sont cachés dans un magasin du coin et ont gardé en otage un chinois, le proprio du magasin, et une vendeuse, les ont attaché avec une chaîne et ont tabassé le chinois. Les renforts, notamment les GIR [Groupe d'Intervention Rapide] et les FIS [Force d'Intervention Spéciale], arrivent aussitôt. Un groupe coupe la circulation et bloque les issues, un autre encercle le magasin et un dernier grimpe sur le toit du magasin. Et des bra ta ta ta ta bra ta ta ta ta se font entendre. Les policiers ont tiré sur deux des truands, un a été touché sur le ventre, l’autre sur la tête et sur le cou. Ces bandits sont morts sur le coup. Il parait qu’un troisième a réussi à s’échapper.

 

Brigand tué par balle sur le ventre - Photo: Avylavitra

 

Une remarque, ces deux brigands tués par la police n’avaient pas d’armes à feu sur eux. Un ami blogueur, Avylavitra a été sur place et a posté un article (en Malgache) sur cette affaire.

Ai-je tord de me poser cette question? Je croyais que les policiers doivent d’abord essayer d’arrêter les malfaiteurs. Mais si ces derniers tentent de s’échapper, les policiers pourraient par exemple tirer sur les jambes, non pas les tuer pour qu’ils puissent être jugés par la suite. Dans ce que je viens de raconter, la police a tout de suite tiré sur le ventre, la tête et le cou. Moi, je n’ai pas eu le courage de poster l’autre photo dans mon blog, mais si vous tenez à voir un crâne ouvert et un cou troué, cliquez sur ce lien. (Âme sensible, s’abstenir)

Arrêter ou tuer les malfaiteurs?

J’avais l’air débile en demandant à quelques personnes de mon entourage si les criminels doivent être directement tués au lieu d’être arrêtés, jugés et emprisonnés. En gros, la plupart est d’accord à 100% qu’on tue tous les truands sans pitié. Pourquoi? Parce qu’ils pensent que, premièrement, c’est presque habituel d’entendre que des brigands ont réussi à s’échapper de prison (« Vingt prisonniers se sont évadés à Madagascar« , « Dix-sept « criminels dangereux » échappent à la prison« , et bien d’autres encore) sinon, certains criminels paient les gardiens de prison pour que ces derniers les laissent partir. Mon beau-frère, par exemple, a raconté que ses voisins sont de vrais bandits qui volent des voitures, attaquent des foyers, etc. Mais à chaque fois, ils restent un jour ou deux en prison, et hop, ils sont relâchés. Deuxièmement, ces criminels sont habitués à faire le mal, voler, tuer…, une fois dehors, ils vont recommencer alors autant les tuer tout de suite, pensent certains. Troisièmement, quelques-uns l’ont dit: « il n’y a d’ailleurs pas assez de place pour tous les bandits dans nos prisons ». Bref, beaucoup de gens ne se soucieront pas des sorts des malfaiteurs tués par les forces de l’ordre. Je dirai que beaucoup même se réjouiraient à chaque fois que la police en tue un.

J’ai quand même fait quelques recherches pour appuyer mon point de vue et je suis tombée sur cet article « Deux malfrats abattus de sang froid » où le journaliste se pose la même question que moi:

« Les policiers ne pouvaient-ils pas leur tirer dans les jambes comme le suggèrent les règlements ? Ce afin de pouvoir présenter les criminels devant la justice ? »

Malgré que beaucoup disent qu’il faut tuer les criminels, moi, je pense qu’avant tout, il faut respecter le Droit de l’Homme. L’ambassade des Etats-Unis à Antananarivo a publié un document intéressant où elle partage:

« Des éléments de la police et de la gendarmerie ont continué à utiliser sans justification la force létale pendant des poursuites et arrestations. En septembre 2008, la police a abattu par balle un prétendu criminel, blessant en même temps un curieux pendant une poursuite dans un marché à Antananarivo. Dans un incident similaire en octobre 2008 à Ankasina, la police a blessé par balle un prétendu voleur qui a pris la fuite. En 2007, des gendarmes à Bekoby, près de Mahajanga au nord-ouest, a abattu par balle deux frères pour avoir volé la vache d’un voisin; et au cours du même mois, un gendarme a amputé la jambe d’un autre suspect avec une machette pendant une scène de poursuite et d’arrestation, et l’individu a succombé à ses blessures après avoir été auditionné et roué de coups pendant un jour. Aucune action n’a été prise contre les membres des forces de l’ordre responsables de ces décès.
Il n’y a eu aucune enquête publique sur un quelconque cas de violence par les forces de l’ordre ni sous le régime de Ravalomanana ni celui de Rajoelina, et les forces de l’ordre du gouvernement de fait ont continué à agir en toute impunité. Le 26 septembre, un soldat – qui a par la suite été associé à la Force d’Intervention Spéciale (FIS) a blessé par balle une femme à la jambe à Antananarivo. Le premier ministre de fait de l’époque, Roindefo Monja, a déclaré devant la presse que ledit soldat pourrait avoir été sous l’effet de l’alcool, et ce dernier n’a jamais été jugé ni soumis à une action disciplinaire pour cet incident. »

Justement, je n’ai jamais entendu qu’un criminel tué a été autopsié pour voir si le policier qui a tiré était en faute. Aucun gendarme  n’a été jugé ni puni à cause de leurs actes. Ce n’est pas étonnant si ces soit disant forces de l’ordre s’acharnent sur leurs « proies ».

J’ai été témoin de brutalités policières:

Vous n’allez peut-être pas le croire mais j’ai déjà passé 24 heures au violon. Non, je ne suis pas ce que vous pensez, pas du tout une criminelle. J’ai été arrêtée par la police par erreur (je vous raconterai les détails une autre fois). En bref, voici ce qui s’est passé.

Il était 6 heures du matin. Un homme est venu chez moi me demander mon nom. Sachant qu’il était de la police, je lui ai dit comment je m’appelle. Il a noté le nom sur un bout de papier. En fait, le bout de papier en question était un mandat d’arrêt. Vous vous rendez compte? Il venait juste de remplir mon nom avant de me remettre le papier.

Le monsieur m’a donc demandé de le suivre. Comme j’étais encore en pyjamas, j’ai demandé à ce que je me change. « Deux minutes, c’est tout ce que tu as. Tu crois que je viens ici pour jouer ou quoi? ». Très vite, je suis remontée réveiller mon frère pour qu’il s’habille aussi. J’ai supplié à ce que mon frère vienne avec moi. « Vous croyez toujours que c’est un jeu? », a grogné le monsieur. Pas très loin de chez moi, j’ai vu une peugeôt 504  où il y avait trois autres flics et une dame qu’ils ont arrêtée aussi (mais qu’ils ont relâchée plus tard). On était donc très serré à l’arrière. « Il n’y a pas assez de place, ton frère, il reste ». Mais mon frère a proposé que je me mette sur ses genoux dans l’auto alors il a quand même pu venir.

Je n’ai pas arrêté de demander les raisons de mon arrestation en clamant mes droits. Tout ce que j’ai eu comme réponse, c’est des insultes que je n’oserai même pas répéter et qu’ils font leur boulot.

Quelques minutes plus tard, on est arrivé à la Brigade Criminelle. Brigade criminelle! J’ai tué quelqu’un? J’ai volé? Je ne sais même pas de quoi on m’accuse. On m’a dit de retirer mes lacets et de confier mes bijoux à mon frère puisqu’il était là. Purée, j’ai compris que je n’étais pas là pour être enquêtée mais pour être enfermée. Vous ne pourriez jamais imaginer la panique que j’ai eue. Et je continue à clamer mes droits. « Quels sont les motifs de mon arrestation? J’ai droit à un coup de fil; je veux appeler un avocat [mon futur beau-père]. » Mais ils n’ont rien voulu savoir. Un homme m’a violemment tiré par le bras pour m’emmener dans une cellule.

Si mon frère ne m’a pas accompagné, personne n’aurait jamais su où j’étais ce jour là. C’est donc lui qui a appelé mon fiancé et ma sœur.

Dès que mon futur (en ce temps là, je n’étais pas encore mariée) beau-père est arrivé. Ils l’ont aussi envoyé balader. « Oh, on ne sait rien de cette affaire. Le chef n’est pas là. Pourquoi ne pas revenir plus tard? » Dès que mon avocat est reparti, le chef est sorti de sa cachette et est venu me voir: « Alors, on joue au dur? Tu vois, ici, c’est moi le chef et ton pauvre con d’avocat, il ne pourra rien pour toi ». Puis il est reparti en ricanant. Tout ce que je pouvais faire c’est pleurer, pleurer de toutes mes larmes.

Le lendemain matin, je suis relâchée comme si de rien n’était. Mais c’était la plus longue nuit horrible que j’ai passée de toute ma vie.

Il y avait dans la cellule d’à côté, celle des hommes, un criminel qu’ils venaient d’arrêter. Ils l’appelaient Rasta. Je ne sais pas de quoi cet homme était accusé mais il en a vraiment bavé; ça, je vous le dis. A chaque fois qu’un brigadier (je ne sais pas leur fonction ou grade) arrive, il y a quelqu’un qui s’empresse de l’informer que Rasta a été arrêté. « Ah, oui, il est là? Hum, je ne lui ai pas encore rendu une petite visite ». Et d’un air ravi, il va voir Rasta et le bat. Et c’est comme ça à chaque fois qu’un gendarme arrive. Soit ces salopards le frappent à coups de bâton de fer blanc, soit lui donnent des coups de poings sur la figure.

Ce Rasta, il devait vraiment être un vilain gars pour être traité comme cela. Franchement, il a reçu des baffes et des baffes. Il a fallu être là pour le croire. Rasta a même été menotté à une des barres de la cellule. A un moment, il demandait à aller au petit coin. Mais le gardien a tout simplement crié: « Tu pisses ou tu chies dans ton froc si tu veux, mais tu ne sors pas de là ».  D’ailleurs en parlant de petit coin, on n’avait droit qu’à une sortie la nuit, à 21h je crois, et une seule le matin, à 5h. Sois tu y vas, sois tu le fais dans ta cellule, au coin du mur, pour les autres heures.

Les cris de douleur de Rasta m’ont fait pleurer dans mon cachot. En entendant mes sanglots, le gardien est venu me voir. « Oh, mais qu’est-ce que tu as ma petite? Ne t’inquiète pas, ce gars là est un très méchant bandit. Tu comprends?… Oh, mais tu es toute seule dans ta cellule? Tu as peut-être froid? Attends que je te réchauffe. » Je me suis dit. Voilà, c’est la fin pour moi. On m’arrête pour je ne sais quoi et on va aussi me violer. Mais il ne m’arrivera rien parce que, soudain, on frappe à la porte, d’autres gars, des voleurs, venaient de se faire arrêtés. Alors, ils étaient tous occupés à les enfermer et à donner quelques coups de plus à Rasta.

Cette pénible expérience que j’ai vécu s’est passé en 2007. Si depuis je me suis tue, c’est par peur peut-être, peur d’être arrêtée si jamais je dis du mal des policiers ou peut-être aussi parce que je voulais essayer d’enfouir ces mauvais souvenirs dans l’oubli. A ma place, qu’auriez-vous fait?

 

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