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Antananarivo: Chasse aux pisseurs de rue

Un jour, j’ai emmené mon petit frère avec moi pour aller acheter des ceintures de karaté en ville. Il devait avoir 7 ans. A peine les ceintures achetées, voilà que mon frère a eu envie de faire pipi. Panique! Panique! Où peut-il faire son besoin? Pas de pissoir aux alentours. Le plus proche, qu’on surnomme « Métro » car il se trouve dans le sous-sol de l’esplanade d’Analakely, était à 10mn à pied. Mais c’était tout sauf propre. Pas question pour moi d’y mettre les pieds. Je lui ai alors proposé de faire vite derrière une voiture garée à côté. Je lui ai même convaincu que personne ne pouvait le voir. Mais mon frangin ne voulait rien savoir. L’éducation de maman lui interdisait d’uriner n’importe où. Alors aucune discussion possible. Grande sœur, qui n’était encore qu’une pauvre étudiante à l’époque, n’avait qu’une solution: prendre un taxi pour le ramener au plus vite à la maison. Continue reading

Tarika Mainty

Enfants de pauvres et la débrouille

Il n’est pas rare de voir des enfants mendier dans les rues de Tanà (diminutif d’Antananarivo). C’est quelque chose que je n’aime pas admettre mais, malheureusement, le fait est là.

Une amie belge qui passe souvent à Madagascar se plaint. Elle déteste quand ces mendiants de la capitale la suivent sur un bout de chemin et insistent pour qu’elle sorte la monnaie. Je suppose qu’elle n’est pas la seule à trouver cette situation triste mais aussi désagréable.

Donner de l’argent à ces gosses qui mendient ou pas? Continue reading

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Madagascar: Le shopping se passe sur Facebook

Depuis mi-2012, j’ai remarqué l’arrivée d’une activité grandissante à Madagascar, surtout dans la capitale: la vente sur Facebook.

J’ai fait une petite recherche sur Facebook en tapant les mots suivants : shop, fashion, mode, tendance, chic, mora (bas prix), friperie, etc. J’ai pu relever 175 boutiques : 144 sont dans l’habillement et accessoires (dont 30% vendent des friperies) ; le reste se partage entre téléphonies mobiles, matériels informatiques, boissons alcooliques, ustensiles de cuisine… Je suis sûre qu’il y a encore bien d’autres comptes que je n’ai pas pu répertorier.

Une vendeuse en ligne nous fait part de ses expériences Continue reading

Olga, emballeuse de cadeaux

Emballer des cadeaux est un métier à Madagascar

Aujourd’hui, j’ai acheté un cadeau pour mon fils qui soufflera sa première bougie demain. Mon petit cœur de maman s’emballe déjà. Mais ce n’est pas de son anniversaire qu’on va parler ici. Je vais plutôt vous partager l’histoire de Razafindrakoto Olga [Juste pour info, le nom passe avant le prénom à Madagascar]. Ce nom ne vous dit rien? C’est normal, ce n’est pas une grande star. Ces clients adeptes ne peuvent pourtant pas se passer d’elle d’après Olga. Continue reading

Halo Solaire Madagascar 14 Octobre 2011

Un étrange cercle autour du soleil

Il est 11h, très vite je prends mon appareil photo et je sors de la maison pour tenter de prendre « l’étrange soleil » en photos. En effet, ce vendredi 14 octobre entre 10h30 – 12h, le soleil tananarivien était entouré de cercle. Les gens étaient étonnés de me voir avec l’appareil photo pointé vers le ciel (ou était-ce la tunique et le mini-short? [rire]). En me voyant, les gens regardaient le ciel à leur tour et poussaient des « oooooohhh! » et des « aaaaaaaahhh ». Les gens dans les taxi-be (un minibus qui sert de transport public à Madagascar) s’étonnaient encore plus parce qu’ils n’étaient pas en mesure de voir ce qui pouvait bien nous attirer dans le ciel. Continue reading

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Earth Hour 2011 à Antananarivo

26 Mars 2011, 20h30, j’ai éteint toutes nos lumières, l’ordi, la télé (oops le frigo était resté branché). Mon mari et moi sommes sortis pour aller à Analakely, le centre ville de Tanà. On s’est arrêté devant la Gare de Soarano qui a bien voulu participer à Earth Hour en éteignant ses lumières. Juste à côté, il y a le Café de la gare où les clients ont apprécié un dîner aux chandelles. Ensuite, un petit tour d’Analakely en s’arrêtant devant l’Hôtel de Ville qui a aussi éteint ses lumières, mais pas celles des jets d’eau. De retour à la maison, je regarde autour de chez moi, chez quelques voisins, les lumières sont effectivement éteintes, c’est sans doute parce qu’ils dorment déjà. Sinon, quelques lumières se remarquaient sur certaines fenêtres. Chez moi, je me suis amusée à faire du light painting, mais c’est raté. Continue reading

Circoncision traditionnelle malgache

Circoncision à la Malagasy dans les Haut-Plateaux

Je sais, on est en plein été à Madagascar. Ce n’est pas la période de circoncision qui se fait normalement en plein hiver soit en juillet et août. Mais, aujourd’hui, je suis tombée sur ce tableau dans la salle de réception de mes beaux parents. Alors je ne peux m’empêcher de vous partager cette culture Malgache qu’est la circoncision. C’est une pratique obligatoire pour tous les jeunes garçons. Moi, en étant une femme, je n’ai pas le droit d’assister à une circoncision. On nous a appris comment ça se passait mais je n’ai jamais vu de mes propres yeux. Je ne rêve pas d’y assister non plus, à vrai dire. N’empêche que le tableau a attiré mon attention. Tiens, je vous partage la photo.

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Ezaka, vendeur ambulant de téléphones portables

Je viens de faire la connaissance de Ezaka Nomenjanahary. C’est le nom d’un jeune homme vendeur ambulant de téléphones portables. Pour information, « Ezaka » veut dire effort et « Nomenjanahary », donné par Dieu. Bref, je ne suis pas là pour parler de son nom. Si j’ai voulu l’interviewer, c’était pour le travail qu’il fait.

J’avoue que j’ai eu du mal à le convaincre d’être pris en photo. Je crois deviner pourquoi mais je n’en suis pas sûre. Mais quand je lui ai montré la photo que j’ai prise, il a dit que ce serait nul de gâcher la photo avec une bande noire sur les yeux; alors il m’a donné son accord pour que je publie la photo telle que vous la voyez.

Ezaka a exercé ce métier pendant maintenant trois ans. Ils achètent des téléphones présentant des défauts chez les Chinois, les  réparent et les revendent à un prix moins élevé que celui des magasins. Il achète par exemple un téléphone ZTE à 7 000 Ariary pour le revendre à 9 000 Ariary si dans un magasin, il devrait se vendre à 20 000 Ariary. Souvent des passants lui proposent aussi des téléphones usés. Quelque fois, il reprend les téléphones de ces autres amis vendeurs ambulants comme lui.

D’après Ezaka, vendre dans la rue ne nécessite pas beaucoup d’investissements et permet de se rapprocher plus des clients. Il y a certaines catégories de clients qui ont peur des magasins. Il peut vendre 3 à 5 téléphones par jour; ce qui lui permet de gagner à peu près 10 000 Ariary par jour. Pour l’instant, cet argent lui suffit pour ces petits besoins personnels puisqu’il vit encore chez ses parents. Cependant, il souhaiterai trouver un autre emploi pour plus tard quand il aura son propre foyer. Vu qu’il n’a pas vraiment le choix, il gardera encore ce travail pour un bout de temps.

La plus grosse crainte de ce jeune homme est l’arrivée à l’improviste des « Fivondronana » – policiers communaux qui ramassent toutes marchandises étalées sur les trottoirs ou la chaussée. Ces marchandises sont récupérables mais à un prix plus élevé que leurs prix de revient alors il préfère les abandonner et redémarrer avec de nouveaux produits. Il a été victime de ce ramassage 6 fois déjà.

Il dit qu’il a le coeur qui bât très fort à cause de mon interview alors je l’ai remercié et suis partie pour le laisser respirer :D

Taxis-phone

Presque tout le monde a un téléphone mobile voire 2 ou 3 à Madagascar (un téléphone pour chaque opérateur); du moins les habitants des grandes villes. Les plus grands opérateurs en téléphonie mobile sont Orange, Telma et Zain; ce dernier est en train de migrer vers Airtel. Deux autres opérateurs, Blueline et Life, viennent de naître et apparemment ont un peu du mal à s’intégrer.

Avoir 2 ou 3 téléphones en poche n’empêche en rien les taxis-phone de marcher. Tout d’abord, qu’est-ce qu’un « Taxi-phone »? C’est un endroit où on peut passer des appels téléphoniques. Dans tous les coins de rue, il y a au moins un Taxi-Phone. Ils sont facilement repérables par leur grand parasol et leurs couleurs jaune ou orange fluorescentes et attrayantes. Ils sont là avec leur tabouret , petite table spécialement conçue pour ce business et bien entendu des téléphones portables. Ces Taxis-phone rendent service à bien des gens en vendant des cartes de recharges et des appels téléphoniques et surtout, ils ne sont jamais bien loin.

Le coût des appels téléphoniques avec les Taxis-phone est très réduit. Prenons mon cas comme exemple. Avec mon opérateur Zain, euh… Airtel :D , le coût d’une minute d’appel vers le même opérateur m’est facturé à  438 Ariary et vers un autre opérateur à 570 Ariary. Or, aux Taxis-phone, les appels téléphoniques vers Airtel coutent 100 Ariary la minute, et vers Telma et Orange, 200 Ariary la minute. Vous comprendrez pourquoi les gens se ruent vers les Taxis-phone pour passer des appels téléphoniques. Du coup, les téléphones portables servent surtout à recevoir des appels.

One Day on Earth: Bus et marchés à Antananarivo

Cette vidéo a été réalisée dans le cadre du projet One Day on Earth (Un jour sur Terre) où des milliers de gens de par le monde, réalisateurs de films ou simple citoyens comme moi, ont filmé leur entourage afin de représenter leur pays à une date précise qui était le 10.10.10. Le but de ce projet est de réaliser un grand film documentaire et marquer l’histoire de toute l’humanité.

J’ai décidé de m’inscrire à One Day on Earth afin de représenter Madagascar. J’avoue que, quelque part, ça m’a un peu attristé de voir beaucoup de personnes représenter un pays et très peu seulement pour le mien. Alors, même si s’inscrire était plus facile que d’aller sur le terrain réaliser le film, je ne voulais absolument pas abandonner. C’est très risqué de se promener dans les rues avec un appareil photo (je n’ai pas de caméra) à la main. Les premiers tournages étaient faciles. J’étais tranquillement sur ma véranda quand j’ai filmé les bus (ou Taxi be) qui s’arrêtaient sur le pont à quelques mètres de chez moi.

Après ça, il a fallu que je pense à autre chose à filmer. Mais quoi? Comme le 10.10.10 tombait un dimanche, presque tous les magasins étaient fermés. Je ne voulais pas aller filmer dans une église avec mon jean et mes tennis. Alors où aller? Les marchés! Il y a toujours des marchés même un dimanche. Mon mari ne voulait pas que j’y aille pour des raisons de sécurité bien sûr. Têtue comme je suis, j’y suis quand même allée. Mais je n’étais pas seule bien entendu; mon cher mari m’a accompagné pour me servir de « garde du corps » (N’est-ce pas mignon? :D )

Sur la vidéo, vous pourrez avoir un aperçu de ce que c’est un marché à Antananarivo. C’est l’endroit où nous achetons les fruits, les légumes, les brèdes, le riz, la viande, le poisson… Vous aurez sûrement remarqué la partie de la vidéo qui montre une dame qui vend des poulets et une cliente qui discute leur prix. Il y a également le petit magasin que la plupart des Malgaches adorent. On y boit du café, du thé ou du lait et on y achète du « mofogasy » (beignet sucré typiquement Malgache) ou du « ramanonaka » (beignet sucré-salé).

Depuis quelques années, une nouvelle sorte de marché s’est instaurée: le marché de rue. Désormais, on trouve de tout dans les rues: des habits et des chaussures (neufs ou seconde main), des sandales, des sacs, des CD de films, des jouets, des fournitures scolaires, des électroménagers, des ustensiles de cuisine, de la nourriture… Beaucoup aiment le marché de rue qui donne l’opportunité aux gens de faire leurs courses le soir en rentrant à la maison, par exemple, lorsque tous les magasins sont déjà fermés. N’empêche qu’il y a des produits que j’éviterai d’acheter dans les rues. Je n’y achèterai pas des outils électraux ménagers par exemple; comment pourrai-je être sûre que l’appareil marche une fois à la maison? Je n’y achèterai pas non plus des produits alimentaires qui ne respectent pas l’hygiène ni les normes de conservation. J’avoue que ce qui me dérange le plus, c’est le fait que les vendeurs accaparent tous les trottoirs pour y étaler leurs marchandises; ce qui oblige les piétons à aller sur la chaussée. Les automobilistes ne sont pas contents non plus parce que tellement la foule occupe la chaussée qu’ils sont obligés de ralentir et de faire attention à n’écraser personne d’où naissent les embouteillages. Dans cette foule, les pickpockets en profitent aussi. Alors faites gaffes à vos poches et sacs. Ces bandits m’ont déjà eu une fois; ils ont pris mon téléphone.

Je profite de cet article pour remercier les personnes qui m’ont aidé à la réalisation de cette vidéo. Je tiens à remercier Olombelo Ricky qui m’a autorisé à utiliser une de ces chansons comme fond musical. J’ai choisi le morceau « Mananilatany »; j’adore cette chanson. Je remercie aussi mon mari chéri qui m’a accompagné dans tous les quartiers des tournages même sous le soleil tapant. Un grand merci également à tous les vendeurs du marché de Behoririka qui étaient très coopératifs et ont gentiment accepté de participer au film.

Voilà, dans ma vidéo, vous aurez donc un aperçu de notre transport public et nos marchés. J’espère que vous allez l’apprécier ;)