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Enfants de pauvres et la débrouille

Il n’est pas rare de voir des enfants mendier dans les rues de Tanà (diminutif d’Antananarivo). C’est quelque chose que je n’aime pas admettre mais, malheureusement, le fait est là.

Une amie belge qui passe souvent à Madagascar se plaint. Elle déteste quand ces mendiants de la capitale la suivent sur un bout de chemin et insistent pour qu’elle sorte la monnaie. Je suppose qu’elle n’est pas la seule à trouver cette situation triste mais aussi désagréable.

Donner de l’argent à ces gosses qui mendient ou pas?

Beaucoup disent qu’il ne faut pas donner des sous à ces enfants des rues pour ne pas favoriser la mendicité. Je suis d’accord avec ce principe. Et pourtant, étant maman, j’arrive très rarement à résister. Je suis loin d’être un parent riche mais, comparé à ces enfants, mon fils est privilégié. C’est ce qui me fend le cœur et m’oblige à ouvrir mon porte-monnaie en attendant de trouver de vraies solutions pour ces gens.

J’ai entendu dire qu’il y a des enfants qui vont en groupe. Et pendant que les autres vous supplient « Donnez-nous de l’argent, s’il vous plait Monsieur ou Madame », d’autres vous volent vos affaires. Alors, il faut faire gaffe.

Aujourd’hui, je vais plutôt vous parler d’enfants qui se débrouillent autrement pour se faire un peu d’argent de poche. Enfin, c’est surtout pour gagner de l’argent et aider les parents.

Tarika Mainty

Tarika Mainty

Jeudi dernier (16 mai 2013) vers midi, j’ai fait la connaissance de trois garçons d’une dizaine d’années du groupe « Mainty » (Noir). Fabrice est à la batterie, Christian fait du bruit avec une corne (comme celle qu’on utilise pendant les fêtes d’anniversaire) et Cédric danse. Ils offrent des petits spectacles de rue en faisant le tour des quartiers du centre-ville. Ce jour là, ils se sont arrêtés dans le quartier de Behoririka.

Fabrice affirme avoir fabriqué lui-même la batterie mais je me doute bien qu’il y ait été aidé. En tout cas, les passants, qui se sont arrêtés pour le spectacle, ont remarqué cette batterie bien originale.

Batterie made by Tarika Mainty

En parlant à ces gars, j’apprends qu’ils ont fait ce petit métier depuis 2010. Et j’ai été quelque peu rassurée quand ils m’ont dit qu’ils ne le font qu’en dehors des heures de classe.

« Il ne faut pas voler. Ce n’est pas bien. Il faut toujours gagner de l’argent honnêtement. »

C’est le message que Fabrice, sûrement le chef de la bande, tient absolument à faire passer. Mignon, n’est-ce pas?

A chacun son show

Pauvreté oblige, Fabrice et compagnie ne sont pas les seuls enfants qui font des spectacles de rue.

En novembre 2008, j’ai parlé d’un petit gars et son spectacle de cirque [EN] sur mon premier blog. Il a d’abord joué avec un minuscule serpent. Ensuite, il a fait des acrobaties.

En janvier 2009, j’ai parlé de Rado [EN], un jeune gars de 14 ans à l’époque. Sur l’escalier d’Antaninarenina, avec son « kabosy » (une guitare), il chantait des cantiques. « Je préfère chanter que tout simplement mendier », a-t-il dit.

Au début, Rado venait chanter seulement les après-midi quand il n’avait pas cours. Malheureusement, depuis la mort de son père, il a du abandonner les bancs de l’école. Toute seule, sa mère ne pouvait plus subvenir aux besoins de la famille.

Rado avait un rêve: trouver un meilleur boulot. Ça fait un bon bout de temps que je ne l’ai plus revu sur l’escalier d’Antaninarenina. Je me demande ce qu’il est devenu. J’espère qu’il gagne mieux sa vie.

Ce ne sont que des gosses et ils connaissent déjà la misère. C’est bien triste. Mais tout n’est pas noir. Quand ces enfants se débrouillent également pour fabriquer leurs propres jouets, je ne sais pas pour vous, mais moi, je trouve ça formidable.

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Des sans abris vivent dans la rue

- L’homme: Si tu ne me donnes pas tout de suite mon riz, tu vas dormir ailleurs…

- La femme (en larmes et criant pour se défendre): Puisque je te dis que non… je n’ai pas mangé ton riz… c’est du riz que j’ai ramassé et que j’ai emmené dans un sachet… non, je n’ai pas mangé ton riz…

J’étais déjà confortablement au chaud dans mon lit. Voilà que cette conversation m’a réveillée. Il devait être 22 ou 23 heures. J’habite dans un appartement situé dans une rue principale en plein centre ville. Il y a en bas de chez moi un vieillard et une jeune dame qui installent leur maison en sachet toutes les nuits et doivent la défaire tous les matins. Je me suis finalement habituée à ce genre de dispute. C’est toujours Monsieur qui grogne. Dès fois ils se disputent parce que, soit disant, la femme couche avec un autre, ou qu’elle devrait trouver du travail… Cette nuit là, c’était à cause de la nourriture. J’ai été écœurée d’entendre cette malheureuse dispute. La femme a tenté de raisonner son homme en lui expliquant qu’elle a ramassé le riz qu’elle venait de manger dans un bac à ordures. N’est-ce pas triste d’entendre cela?

Dans la même rue un peu plus loin, il y a un pont qui sert aussi d’abri aux gens qui n’ont pas de maison. Comme notre couple ci-dessus, ils ramassent des cartons laissés par les vendeurs qui accaparent les trottoirs dans la journée. Je suppose que ces sans-abris ont déjà un endroit spécial où ils rangent leurs affaires dans la journée. Et le soir venu, ils sortent tous leurs sachets et couvertures (qu’ils ont sûrement eu grâce à des dons de charité durant les fêtes d’indépendance ou les fêtes de fin d’année). Détrompez-vous; ce ne sont pas des corps (d’hommes morts) que vous voyez ci-dessus. Ce sont des gens qui dorment. C’est triste.

Toujours, en témoignage de la pauvreté qui règne, ce que vous voyez sur la photo  (à gauche) ci-dessus sont des objets que mon mari et moi venions de jeter dans le bac à ordures. 5 minutes après nous sommes repassés par là pour prendre le bus, et voilà que nous remarquions la cuvette abîmée et les bouteilles en plastique qu’on venait tout juste de jeter. A ce moment là, j’ai regardé le bac à ordures en question et qu’ai-je vu? Des enfants  en train de l’escalader, sûrement pour essayer de récupérer quelques objets qui pourraient encore leur servir.

Les histoires que je raconte aujourd’hui sont tout simplement écœurantes. Et devant de telles scènes, j’ai une envie immense de leur apporter de l’aide mais en suis malheureusement incapable.

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