Antananarivo: Chasse aux pisseurs de rue

Un jour, j’ai emmené mon petit frère avec moi pour aller acheter des ceintures de karaté en ville. Il devait avoir 7 ans. A peine les ceintures achetées, voilà que mon frère a eu envie de faire pipi. Panique! Panique! Où peut-il faire son besoin? Pas de pissoir aux alentours. Le plus proche, qu’on surnomme « Métro » car il se trouve dans le sous-sol de l’esplanade d’Analakely, était à 10mn à pied. Mais c’était tout sauf propre. Pas question pour moi d’y mettre les pieds. Je lui ai alors proposé de faire vite derrière une voiture garée à côté. Je lui ai même convaincu que personne ne pouvait le voir. Mais mon frangin ne voulait rien savoir. L’éducation de maman lui interdisait d’uriner n’importe où. Alors aucune discussion possible. Grande sœur, qui n’était encore qu’une pauvre étudiante à l’époque, n’avait qu’une solution: prendre un taxi pour le ramener au plus vite à la maison. Lire la suite

Enfants de pauvres et la débrouille

Il n’est pas rare de voir des enfants mendier dans les rues de Tanà (diminutif d’Antananarivo). C’est quelque chose que je n’aime pas admettre mais, malheureusement, le fait est là.

Une amie belge qui passe souvent à Madagascar se plaint. Elle déteste quand ces mendiants de la capitale la suivent sur un bout de chemin et insistent pour qu’elle sorte la monnaie. Je suppose qu’elle n’est pas la seule à trouver cette situation triste mais aussi désagréable.

Donner de l’argent à ces gosses qui mendient ou pas? Lire la suite

Emballer des cadeaux est un métier à Madagascar

Aujourd’hui, j’ai acheté un cadeau pour mon fils qui soufflera sa première bougie demain. Mon petit cœur de maman s’emballe déjà. Mais ce n’est pas de son anniversaire qu’on va parler ici. Je vais plutôt vous partager l’histoire de Razafindrakoto Olga [Juste pour info, le nom passe avant le prénom à Madagascar]. Ce nom ne vous dit rien? C’est normal, ce n’est pas une grande star. Ces clients adeptes ne peuvent pourtant pas se passer d’elle d’après Olga. Lire la suite

Des sans abris vivent dans la rue

L’homme: Si tu ne me donnes pas tout de suite mon riz, tu vas dormir ailleurs…

La femme (en larmes et criant pour se défendre): Puisque je te dis que non… je n’ai pas mangé ton riz… c’est du riz que j’ai ramassé et que j’ai emmené dans un sachet… non, je n’ai pas mangé ton riz…

J’étais déjà confortablement au chaud dans mon lit. Voilà que cette conversation m’a réveillée. Il devait être 22 ou 23 heures. J’habite dans un appartement situé dans une rue principale en plein centre ville. Il y a en bas de chez moi un vieillard et une jeune dame qui installent leur maison en sachet toutes les nuits et doivent la défaire tous les matins. Je me suis finalement habituée à ce genre de dispute. C’est toujours Monsieur qui grogne. Dès fois ils se disputent parce que, soit disant, la femme couche avec un autre, ou qu’elle devrait trouver du travail… Cette nuit là, c’était à cause de la nourriture. J’ai été écœurée d’entendre cette malheureuse dispute. La femme a tenté de raisonner son homme en lui expliquant qu’elle a ramassé le riz qu’elle venait de manger dans un bac à ordures. N’est-ce pas triste d’entendre cela?

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Ezaka, vendeur ambulant de téléphones portables

Je viens de faire la connaissance de Ezaka Nomenjanahary. C’est le nom d’un jeune homme vendeur ambulant de téléphones portables. Pour information, « Ezaka » veut dire effort et « Nomenjanahary », donné par Dieu. Bref, je ne suis pas là pour parler de son nom. Si j’ai voulu l’interviewer, c’était pour le travail qu’il fait.

J’avoue que j’ai eu du mal à le convaincre d’être pris en photo. Je crois deviner pourquoi mais je n’en suis pas sûre. Mais quand je lui ai montré la photo que j’ai prise, il a dit que ce serait nul de gâcher la photo avec une bande noire sur les yeux; alors il m’a donné son accord pour que je publie la photo telle que vous la voyez.

Ezaka a exercé ce métier pendant maintenant trois ans. Ils achètent des téléphones présentant des défauts chez les Chinois, les  réparent et les revendent à un prix moins élevé que celui des magasins. Il achète par exemple un téléphone ZTE à 7 000 Ariary pour le revendre à 9 000 Ariary si dans un magasin, il devrait se vendre à 20 000 Ariary. Souvent des passants lui proposent aussi des téléphones usés. Quelque fois, il reprend les téléphones de ces autres amis vendeurs ambulants comme lui.

D’après Ezaka, vendre dans la rue ne nécessite pas beaucoup d’investissements et permet de se rapprocher plus des clients. Il y a certaines catégories de clients qui ont peur des magasins. Il peut vendre 3 à 5 téléphones par jour; ce qui lui permet de gagner à peu près 10 000 Ariary par jour. Pour l’instant, cet argent lui suffit pour ces petits besoins personnels puisqu’il vit encore chez ses parents. Cependant, il souhaiterai trouver un autre emploi pour plus tard quand il aura son propre foyer. Vu qu’il n’a pas vraiment le choix, il gardera encore ce travail pour un bout de temps.

La plus grosse crainte de ce jeune homme est l’arrivée à l’improviste des « Fivondronana » – policiers communaux qui ramassent toutes marchandises étalées sur les trottoirs ou la chaussée. Ces marchandises sont récupérables mais à un prix plus élevé que leurs prix de revient alors il préfère les abandonner et redémarrer avec de nouveaux produits. Il a été victime de ce ramassage 6 fois déjà.

Il dit qu’il a le coeur qui bât très fort à cause de mon interview alors je l’ai remercié et suis partie pour le laisser respirer 😀

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Taxis-phone

Presque tout le monde a un téléphone mobile voire 2 ou 3 à Madagascar (un téléphone pour chaque opérateur); du moins les habitants des grandes villes. Les plus grands opérateurs en téléphonie mobile sont Orange, Telma et Zain; ce dernier est en train de migrer vers Airtel. Deux autres opérateurs, Blueline et Life, viennent de naître et apparemment ont un peu du mal à s’intégrer.

Avoir 2 ou 3 téléphones en poche n’empêche en rien les taxis-phone de marcher. Tout d’abord, qu’est-ce qu’un « Taxi-phone »? C’est un endroit où on peut passer des appels téléphoniques. Dans tous les coins de rue, il y a au moins un Taxi-Phone. Ils sont facilement repérables par leur grand parasol et leurs couleurs jaune ou orange fluorescentes et attrayantes. Ils sont là avec leur tabouret , petite table spécialement conçue pour ce business et bien entendu des téléphones portables. Ces Taxis-phone rendent service à bien des gens en vendant des cartes de recharges et des appels téléphoniques et surtout, ils ne sont jamais bien loin.

Le coût des appels téléphoniques avec les Taxis-phone est très réduit. Prenons mon cas comme exemple. Avec mon opérateur Zain, euh… Airtel 😀 , le coût d’une minute d’appel vers le même opérateur m’est facturé à  438 Ariary et vers un autre opérateur à 570 Ariary. Or, aux Taxis-phone, les appels téléphoniques vers Airtel coutent 100 Ariary la minute, et vers Telma et Orange, 200 Ariary la minute. Vous comprendrez pourquoi les gens se ruent vers les Taxis-phone pour passer des appels téléphoniques. Du coup, les téléphones portables servent surtout à recevoir des appels.