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Foyer au Sénégal: Rôles de l’homme et de la femme

Je suis au Sénégal pour une formation Mondoblog. Et c’est avec grand plaisir que je rencontre enfin en personne Simon, Cédric et Ziad (les organisateurs du projet Mondoblog) et les autres mondoblogueurs sélectionnés pour la formation de Dakar.

Lundi 4 Avril 2011, c’est le premier jour de la formation. C’est normalement un jour férié parce que c’est le 51ème anniversaire de l’indépendance du Sénégal. Mais Mr Djib Diédhiou de CESTI (Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information au Sénégal) a bien voulu venir à l’auberge pour notre formation. Alors il nous a donné quelques idées sur les sujets qu’on pourrait écrire comme la fête de l’indépendance, le marché, le commerce illégal… Puis Mr Djib nous a demandé de sortir pour voir un peu ce qui se passe dans les alentours pour en faire un article. On s’est donc départagé en petits groupes pour partir en quête d’informations à partager. Moi, j’étais avec un modoblogueur sénégalais, Cissokho. C’est une chance pour moi parce qu’il parle le Wolof et il m’a servi d’interprète. Il y a des gens qui ne parlent pas le français. On a essayé d’interviewer quelques gens mais seulement trois personnes ont accepté. Et la plupart des gens à qui on a parlé ne voulait pas être photographiée. Il y en a eu certains qui auraient accepté à condition que je leur donne de l’argent.

Jusque là, ce que je connaissais de l’Islam, c’était que les hommes et les femmes ont deux rôles  distincts. Ce qui n’était pas tout à fait faux d’ailleurs d’après ce que j’ai pu apprendre de ces trois personnes de Patte d’Oie (quartier de Dakar) qui ont bien voulu répondre à mes questions. Sinon, je pensais que les droits de la femme comme l’accès à l’éducation, la protection contre les violences conjugales… posaient problème. Mais ce n’est pas le cas. La modernisation a aussi atteint le Sénégal, on dirait, d’après les trois personnes avec qui j’ai parlé. Parce que, il faut l’avouer, dans la société traditionnelle malgache et peut-être un peu partout dans le monde, les hommes travaillaient et les femmes s’occupaient des corvées ménagères. Maintenant, les femmes travaillent pour aider à subvenir aux besoins du foyer. Et ce n’est plus rare de voir les hommes se mettre à cuisiner ou faire le ménage.

J’ai rencontré donc Yacine, Awa et Abdoulaye au marché. Ils sont tous trois musulmans, c’est d’ailleurs la religion d’une très grande partie de la population du Sénégal. Même si la modernisation a entraîné le changement, le Coran reste la base du fondement de la famille. A priori donc, les femmes s’occupent du foyer, des enfants, du mari et les hommes se chargent du confort matériel et financier de la famille. Mais le Coran précise que les maris doivent aider leurs femmes.

Abdoulaye

 

Quand j’ai évoqué le mot “parité”, Abdoulaye n’a pas très bien compris le terme. Heureusement que mon gentil interprète, Cissokho était là pour expliquer que c’est l’égalité entre les deux sexes. Abdoulaye reste méfiant parce qu’il ne veut absolument pas que les femmes cherchent à surpasser l’homme. Pour lui, l’homme est “Roi”. Il ne veut pas que sa femme, il n’en a qu’une pour le moment pour cause d’ insuffisance d’argent, sorte de la maison pour aller travailler et  rencontrer un autre homme qui va vouloir la courtiser pour ensuite quitter Abdoulaye.

 

Par contre Awa, une dame commerçante qui est très sympathique, pense que la lutte pour la parité est une cause perdue vu que c’est carrément impossible. Pour elle, chacun a son rôle et doit le garder. Elle a quand même décidé de divorcer de son mari qui est parti en Italie depuis maintenant 6 ans. Puis elle s’est mise à travailler pour subvenir aux besoins de son fils de 7 ans. L’ex-mari n’envoie de l’argent pour le fils que lorsqu’il le veut bien; alors elle se débrouille pour être financièrement indépendante.

C’est une autre fausse image que j’avais sur l’Islam. Apparemment, le divorce est bien accepté. A Madagascar, une femme divorcée n’est pas toujours très appréciée de la société. La plupart du temps, les gens ne cherchent pas souvent à comprendre les vraies raisons, pour eux la femme a probablement fait quelque chose qu’il ne fallait pas faire.

Yacine n’est pas mariée pour le moment mais elle partage l’avis de Awa et Abdoulaye: la femme doit s’occuper de la maison. Il n’empêche qu’elle souhaite qu’une femme ayant les mêmes qualifications et le même poste qu’un homme touche le même salaire à la fin du mois. Elle a insisté sur le fait que la femme occupe un rôle très important dans le foyer. Vis-à-vis de la société, si tout va bien à la maison, c’est grâce à la femme, si le mari n’est pas heureux, c’est la femme qu’on pointera du doigt. Elle, en tant que femme, est très fière de ce rôle important qu’elle doit jouer et veut l’assumer.

Après avoir parlé à Abdoulaye qui a évoqué le droit à la polygamie, je suis revenue voir Awa pour lui demander si elle était d’accord par le fait qu’un homme peut avoir jusqu’à quatre femmes. Pour respecter le Coran, Awa l’accepte, mais elle trouve que la polygamie est une situation assez difficile à vivre parce qu’il y a la jalousie et la concurrence. Elle a été la seconde femme de son ex-mari et elle avoue que c’était un peu tendu à la maison. Alors, elle préfèrerait bien se remarier à un homme qui n’aura qu’une femme, c’est-à-dire elle.

Au départ, je voulais traiter un sujet sur les droits de la femme au Sénégal. J’ai cru que, comme dans certains pays, elles n’avaient pas accès à l’éducation, qu’elles subissaient des maltraitances à la maison et qu’elles n’avaient pas le droit de s’exprimer. Mais je me suis trompée. Yacine a même dit que les hommes et les femmes se mettent à table ensemble. J’ai appris avec intérêt que les femmes ne ressentent aucun problème face à leurs droits, du moins c’est l’avis de Yacine, Awa et Abdoulaye. Ils disent que la majorité des gens se base sur la religion musulmane qui a des règles de vie très respectés par les deux sexes. Alors même si, moi, je trouve que si les hommes ont droit à plusieurs femmes, ça devrait donc être pareil pour les femmes: Yacine, Awa et Abdoulaye sont catégoriques là-dessus, il n’en est pas question!

Juste à côté de notre auberge, il y a une famille en deuil. Il paraît qu’une femme a tenté de faire un voyage clandestin pour aller en Grèce il y a trois mois. Et c’est seulement samedi que la famille a appris le décès de cette femme. Chantal, la propriétaire de l’auberge a dit qu’on ne pourra pas se fier à d’autres détails. Les rumeurs circulent vite et les gens en rajoutent un peu sur les faits. Les rumeurs, c’est quelque chose d’assez courant à Madagascar. J’aurai bien voulu aussi traiter sur les rituels de deuil au Sénégal mais comme les membres de la famille concernée n’ont pas voulu, je n’ai pas insisté. Je comprends tout à fait leur réaction. J’ai quand même réussi à prendre une photo des femmes qui se mettaient autour de marmites où l’on cuisinait du bœuf.

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Une petite visite sur l’île de Gorée

Samedi 2 avril, je quitte Madagascar pour rejoindre une formation Mondoblog au Sénégal. Ça a été mon baptême de l’air. J’ai apprécié le voyage en avion mais j’avais quand même un bourdonnement dans ma tête tout le long du trajet.

Dimanche  3 avril, 4h10, on attérit à Dakar. La première chose que je voulais faire c’était de me procurer une puce pour que je puisse téléphoner à mon mari. En négociant le prix de la puce, j’aperçois dehors un homme tenant une plaque. Dès que j’ai vu le papier rempli de noms super longs, je me suis dit que c’est le gars qui est venu nous chercher à l’aéroport. Les gens se plaignent souvent que les noms malgaches sont bien longs. Une fois dehors, le gars était effectivement le chauffeur. C’est là qu’il m’a appris que je me suis fait arnaquée. J’ai payé la puce orange 4 fois le prix normal.

Dimanche après-midi, Simon o et Cédric ont proposé à la première vague déjà arrivée d’aller faire un petit tour en Gorée. On doit prendre une chaloupe pour atteindre l’île. Cédric a fait la queue pour acheter les billets de tout le monde pour faire plus vite. Surprise§ apparemment, les étrangers doivent payer 5000CFA au lieu de 2500CFA comme les Sénégalais. La moitié du groupe a réussi à passer inaperçu; Simon, Andriamihaja et moi, non.

Voici quelques photos que j’ai prises.

From Au Sénégal
From Au Sénégal
From Au Sénégal
From Au Sénégal
From Au Sénégal

J’ai adoré les téléphones usés et toutes autres choses abîmées avec quoi on a créé des objets d’art.

En attendant la chaloupe qui devait nous ramenait de l’autre côté de la rive, l’équipe s’est installée devant un petit bar pour se faire une bière. Une dame s’est rapprochée de nous et ne m’a plus lâchée avant que je ne décide d’acheter un des colliers qu’elle vendaient. Les gars ont que je suis dure en affaire. Après quelques minutes de marchandage, j’ai eu un collier et une paire de boucles d’oreilles à 1500CFA alors qu’au départ, la dame les a proposé à 3000CFA.

From Au Sénégal

Les statues sur la photo représente la libération de l’esclavage. Pour ceux qui ne le savent pas, l’île de Gorée était une sorte de transit où l’on enfermait les esclaves africains avant de les expédier en Amérique. On n’a malheureusement pas pu visiter la « maison des Esclaves ».

From Au Sénégal

Enfin, la photo ci-dessus a été prise à Patte d’Oie, un quartier de Dakar. Chez nous à Madagascar, ce sont les zébus qui tirent la charrette.

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