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Emballer des cadeaux est un métier à Madagascar

Aujourd’hui, j’ai acheté un cadeau pour mon fils qui soufflera sa première bougie demain. Mon petit cœur de maman s’emballe déjà. Mais ce n’est pas de son anniversaire qu’on va parler ici. Je vais plutôt vous partager l’histoire de Razafindrakoto Olga [Juste pour info, le nom passe avant le prénom à Madagascar]. Ce nom ne vous dit rien? C’est normal, ce n’est pas une grande star. Ces clients adeptes ne peuvent pourtant pas se passer d’elle d’après Olga.
Olga, emballeuse de cadeaux
J’ai rencontré Olga ce matin. Après avoir acheté un jouet pour mon fils, je cherchais une personne qui pourrait emballer le cadeau. Et c’est sur Olga que je suis tombée. En effet, dans les rues d’Antananarivo, on trouve des gens qui emballent les cadeaux. La plupart du temps, c’est un petit plus à leur travail de vendeur de chaussures, de vaisselles ou autres. La différence avec Olga, c’est qu’elle ne fait qu’emballer les cadeaux.

En attendant qu’elle finisse le paquet de mon fils, j’ai un peu discuté avec elle. J’apprends alors que cette quinquagénaire est mère de 7 enfants. Son mari est décédé en 2008. Depuis, elle élève seule ses 2 dernières filles qui sont encore au lycée. Ça fait maintenant 9 ans qu’elle fait ce métier d’emballeur de cadeaux. Elle habite à Ambohimanambola, à 10 km de son lieu de travail. C’est à Analakely, plein centre-ville d’Antananarivo, où elle a trouvé un petit emplacement fixe devant un magasin . Elle s’y rend 6 jours sur 7. « Je réserve le dimanche pour l’église », dit-elle.

« Il n’y a pas de travail qui n’arrive pas à subvenir à tes besoins », dit Olga, « tu dois juste y mettre tout ton cœur, ta force et ton courage ». Elle me confie qu’elle gagne aux alentours de 10 000Ariary (1 Euro = à peu près 2 700Ariary) par jour. Les vendredis et samedis, ça peut aller jusqu’à 14 000Ariary. Pour le cadeau d’aujourd’hui, par exemple, j’ai payé 1 500 Ariary.

C’est pendant les fêtes que son affaire marche le plus (fête des mères, fête des pères, noël…). Cette année, Olga a fait 120 000Ar de recettes la semaine de la fête des mères. Elle a dit que les années précédentes, elle a gagné encore plus. C’est à ces occasions qu’elle s’offre des choses comme un poste téléviseur, par exemple.

Il y a neuf ans, elle vendait des ustensiles de cuisine à Tsaralalàna. Les autres vendeurs à côté d’elle emballaient aussi les cadeaux. C’était la fête des mères. Les clients affluaient et les emballeurs de cadeaux n’arrivaient pas à suivre. Elle a décidé de les aider. Elle a alors fait une formation vite-fait sur le tas. Depuis, elle a arrêté de vendre et se focalise sur l’emballage de cadeaux. Elle explique qu’elle n’a pas besoin de grand investissement. « En plus, j’adore ce travail », ajoute Olga.

Le problème c’est qu’elle travaille dans la rue et que le « Fivondronana » (des agents de la Commune) menace toujours de ramasser ses affaires s’il elle ne quitte pas les lieux. Elle a déjà été saisie 2 fois. Olga a alors perdu son seau avec ses papiers cadeaux, nœuds, rubans adhésifs et ciseaux. « Mais je reviens toujours ici car j’y ai déjà une clientèle d’habitués », explique-t-elle.

Quand il s’agit d’emballer les cadeaux, je suis assez maladroite. Du coup, pour avoir un joli paquet, j’ai recours au service des gens comme Olga. En tout cas, cette dame m’avait l’air très sympathique. J’y reviendrai sûrement les prochaines fois.

 

 

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Ezaka, vendeur ambulant de téléphones portables

Je viens de faire la connaissance de Ezaka Nomenjanahary. C’est le nom d’un jeune homme vendeur ambulant de téléphones portables. Pour information, « Ezaka » veut dire effort et « Nomenjanahary », donné par Dieu. Bref, je ne suis pas là pour parler de son nom. Si j’ai voulu l’interviewer, c’était pour le travail qu’il fait.

J’avoue que j’ai eu du mal à le convaincre d’être pris en photo. Je crois deviner pourquoi mais je n’en suis pas sûre. Mais quand je lui ai montré la photo que j’ai prise, il a dit que ce serait nul de gâcher la photo avec une bande noire sur les yeux; alors il m’a donné son accord pour que je publie la photo telle que vous la voyez.

Ezaka a exercé ce métier pendant maintenant trois ans. Ils achètent des téléphones présentant des défauts chez les Chinois, les  réparent et les revendent à un prix moins élevé que celui des magasins. Il achète par exemple un téléphone ZTE à 7 000 Ariary pour le revendre à 9 000 Ariary si dans un magasin, il devrait se vendre à 20 000 Ariary. Souvent des passants lui proposent aussi des téléphones usés. Quelque fois, il reprend les téléphones de ces autres amis vendeurs ambulants comme lui.

D’après Ezaka, vendre dans la rue ne nécessite pas beaucoup d’investissements et permet de se rapprocher plus des clients. Il y a certaines catégories de clients qui ont peur des magasins. Il peut vendre 3 à 5 téléphones par jour; ce qui lui permet de gagner à peu près 10 000 Ariary par jour. Pour l’instant, cet argent lui suffit pour ces petits besoins personnels puisqu’il vit encore chez ses parents. Cependant, il souhaiterai trouver un autre emploi pour plus tard quand il aura son propre foyer. Vu qu’il n’a pas vraiment le choix, il gardera encore ce travail pour un bout de temps.

La plus grosse crainte de ce jeune homme est l’arrivée à l’improviste des « Fivondronana » – policiers communaux qui ramassent toutes marchandises étalées sur les trottoirs ou la chaussée. Ces marchandises sont récupérables mais à un prix plus élevé que leurs prix de revient alors il préfère les abandonner et redémarrer avec de nouveaux produits. Il a été victime de ce ramassage 6 fois déjà.

Il dit qu’il a le coeur qui bât très fort à cause de mon interview alors je l’ai remercié et suis partie pour le laisser respirer :D

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Taxis-phone

Presque tout le monde a un téléphone mobile voire 2 ou 3 à Madagascar (un téléphone pour chaque opérateur); du moins les habitants des grandes villes. Les plus grands opérateurs en téléphonie mobile sont Orange, Telma et Zain; ce dernier est en train de migrer vers Airtel. Deux autres opérateurs, Blueline et Life, viennent de naître et apparemment ont un peu du mal à s’intégrer.

Avoir 2 ou 3 téléphones en poche n’empêche en rien les taxis-phone de marcher. Tout d’abord, qu’est-ce qu’un « Taxi-phone »? C’est un endroit où on peut passer des appels téléphoniques. Dans tous les coins de rue, il y a au moins un Taxi-Phone. Ils sont facilement repérables par leur grand parasol et leurs couleurs jaune ou orange fluorescentes et attrayantes. Ils sont là avec leur tabouret , petite table spécialement conçue pour ce business et bien entendu des téléphones portables. Ces Taxis-phone rendent service à bien des gens en vendant des cartes de recharges et des appels téléphoniques et surtout, ils ne sont jamais bien loin.

Le coût des appels téléphoniques avec les Taxis-phone est très réduit. Prenons mon cas comme exemple. Avec mon opérateur Zain, euh… Airtel :D , le coût d’une minute d’appel vers le même opérateur m’est facturé à  438 Ariary et vers un autre opérateur à 570 Ariary. Or, aux Taxis-phone, les appels téléphoniques vers Airtel coutent 100 Ariary la minute, et vers Telma et Orange, 200 Ariary la minute. Vous comprendrez pourquoi les gens se ruent vers les Taxis-phone pour passer des appels téléphoniques. Du coup, les téléphones portables servent surtout à recevoir des appels.

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