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Madagascar, proche du trou de la couche d’ozone

C’est avec stupéfaction que je découvre une image de NOAAAgence américaine d’observation océanique et atmosphérique, où on peut clairement voir la proximité de Madagascar au trou de la couche d’ozone sur l’Antarctique.

Source: https://www.ospo.noaa.gov/data/atmosphere/ozone/ntoast/images/ntoast_sh.png

Le trou dans la couche d’ozone a été découverte dans les années 1980, et il se forme chaque année entre les mois d’août et octobre. La bonne nouvelle lue sur le site de National Geographic, c’est que ce trou est en phase de guérison et sa taille a largement diminué ces dernières années.

Le 16 septembre, c’était la journée internationale pour la préservation de la couche d’ozone. Le thème cette année 2019 est « 32 ans et en voie de guérison. » Les résultats des efforts de ces trente dernières années sont en effet prometteurs et encourageants. Selon les Nations Unies, « la dernière évaluation scientifique de l’appauvrissement de la couche d’ozone, réalisée en 2018, démontre que certaines parties de la couche d’ozone se sont rétablies à un rythme de 1 à 3% par décennie depuis 2000. Aux taux prévus, l’ozone de l’hémisphère Nord et des latitudes moyennes guérira complètement d’ici les années 2030. L’hémisphère sud suivra dans les années 2050 et les régions polaires d’ici 2060. »

Toutefois, ce n’est pas le moment de s’endormir. Il faut redoubler d’effort pour assurer la continuité de la restauration de la couche d’ozone. Et Madagascar, les malgaches, vu l’image ci-dessus, doivent absolument se sentir concernés.

Certes, Madagascar a signé le Protocole de Montréal [ENG] relatif aux substances qui appauvrissent la couche d’ozone. Oui, depuis 2016, l’Union des frigoristes de Madagascar ont sensibilisé sur l’utilisation de gaz naturel ou l’hydrocarbure (non toxiques pour l’environnement) comme gaz de refroidissement dans les réfrigérateurs. Mais je continue à dire que chaque individu a son propre rôle à jouer et chaque petit geste compte. On ne peut pas attendre en espérant que d’autres agiront à notre place.

Les enjeux sont énormes. Selon Sciences et Avenir, la destruction de la couche d’ozone peut entraîner un cancer de la peau, la cataracte, la dégénérescence maculaire. Cela peut également affaiblir le système immunitaire et endommager l’ADN de tous les êtres vivants, y compris les végétaux.

Alors, qu’est-ce qu’on peut faire?

On devrait arrêter l’utilisation de substances chimiques nocives à la couche d’ozone, entre autres, les aérosols (laque, déodorant, mousse à raser…), les cigarettes, les réfrigérateurs, les automobiles. Et la meilleure des solutions est de PLANTER DES ARBRES. « Cela pourrait absorber une immense quantité de carbone (responsable du trou dans la couche d’ozone) et nous aider à régler le changement climatique, » dit Thomas Crowther, chercheur à l’École polytechnique fédérale de Zurich (Suisse).


En immersion avec les vaccinateurs anti-rougeole pour les enfants de Mahajanga II

C’est effrayant d’apprendre le nombre de personnes atteintes de rougeole à Madagascar. Selon le ministère de la santé publique, de septembre 2018 à mars 2019, 121 521 cas ont été enregistrés dont 1220 décès. Pour lutter contre l’épidémie, l’Etat malgache, grâce à l’appui des partenaires tels que l’Unicef et l’UE/ECHO, organise des campagnes de vaccination gratuite des enfants âgés de 6 mois à 9 ans révolus. Du 1er au 5 avril 2019, 67 districts ont bénéficié de vaccins anti-rougeole. J’ai eu l’opportunité de suivre les mobilisateurs et vaccinateurs du district de Mahajanga II les 3 et 4 avril 2019.

Pendant les 2 jours d’immersion avec les mobilisateurs et vaccinateurs, nous nous sommes rendus dans les zones rurales de Mahajanga II à savoir les communes de Baonamary et Belobaka. J’ai vu des parents enthousiastes à l’idée faire vacciner leurs enfants. Et ça fait chaud au cœur.

A Bealoy, commune de Belobaka, une maman avec son fils nous a rencontré sur le chemin du retour et a été très déçue en croyant que la séance de vaccination était terminée. Elle a été très soulagée lorsqu’on lui a dit que l’équipe vaccinatrice les attendait encore.

« J’ai décidé d’emmener Dany Juliana (8 ans) se faire vacciner pour la protéger de la rougeole après que les mobilisateurs m’aient convaincu », dit sa tutrice.

Le CSB2 (centre de santé de base) Baonamary et le CSB1 d’Antsanitia ont chacun enregistré un taux de participation de 28% pendant les deux premiers jours de campagne. En trois jours, 60% des enfants cibles ont reçu leur dose de vaccination dans les 7 des 9 fokontany de la commune Belobaka.

« Le taux d’enfants vaccinés contre la rougeole atteint les 95% dans notre village », annonce fièrement Ijorondraza Paul, président du Fokontany Ambatomalama.

Les villageois d’Ambatomalama – Photo: Lalah Ariniaina

Certains parents refusent le vaccin

Sur le chemin vers Baonamary, je me suis demandée si les rumeurs véhiculées par les réseaux sociaux ont atteint cette zone reculée. Apparemment non.

Je découvre que trois raisons peuvent pousser certains parents à ne pas faire vacciner leurs enfants. Ils consultent des guérisseurs traditionnels (ils appellent cela « mitrambina« ) et les médicaments « modernes », surtout les injections, leur sont interdits. Leur religion ne leur permet pas le vaccin. Sinon, ils redoutent une poussée de fièvre après la vaccination.

Maman de Saïda – Photo: Lalah Ariniaina

« A chaque fois que j’emmène ma fille se faire vacciner au CBS2, elle a beaucoup de fièvre et je ne veux plus lui infliger cela », explique la maman de Saïda (2 ans).

Ijorondraza Paul, président du Fokontany Ambatomalama, assure qu’ils sont peu nombreux.

Les mobilisateurs, des super-héros sans cape

Les mobilisateurs ont un rôle très important : convaincre les parents de venir faire vacciner leurs enfants. Ça a l’air simple dit comme ça et pourtant, ce n’est pas toujours évident.

Rasoanajaina (à gauche) – Photo: Lalah Ariniaina

Rasoanajaina, mobilisatrice à Antsanitia depuis 7 ans, raconte :

« Avant c’était très difficile de convaincre les parents. Les cas de décès dû à la rougeole ont motivé les parents à protéger leurs enfants cette fois-ci. »

Mamololona encourageant les parents à faire vacciner leurs enfants – Photo: Lalah Ariniaina

L’histoire de Rabesamy Mamololona m’a beaucoup touchée. Elle se porte volontaire pour être mobilisatrice depuis maintenant 20 ans. On voit que ce rôle lui tient vraiment à cœur. Elle m’a dit qu’elle aime la compétition. Elle veut que les enfants de sa commune ne soient pas en reste par rapport aux autres que ce soit au niveau de l’éducation ou de la santé.

Le 4 avril, notre équipe suit Mamololona et les vaccinateurs à pied. Et non, je ne vais pas me plaindre des 4 km que nous avons enduré sous la chaleur écrasante de Mahajanga. Figurez-vous que Mamololona fait environ 40 km à pied pour couvrir tous les villages de sa commune. Et cela avec le même entrain et toujours avec sourire. Bravo. Chapeau bas.

En me reposant à l’ombre d’un manguier, une petite fille, du nom de Vahatra, vient spontanément vers moi pour me dire :

« Tatie, le vaccin ne fait pas mal. »

Et je savais à ce moment là que je pouvais rentrer contente de cette enrichissante expérience. Oui, tous ces enfants qu’on a rencontré pendant ces deux jours sont dorénavant hors de danger.

Le district de Mahajanga II a un fort taux d’attaque de l’épidémie. Je n’ai pas encore les chiffres des enfants vaccinés mais je suis certaine que cette campagne de vaccination aura un impact positif par rapport à cela.


Capharnaüm, l’histoire d’une enfance sacrifiée

Dimanche après-midi, j’avais un peu la flemme de sortir de la maison pour aller voir un film. Alors, j’ai bien regardé l’invitation et j’ai vu que celui-ci parle de droits de l’enfant et qu’il a reçu le Prix du Jury du Festival de Cannes en 2018. Puis, je me suis dit qu’il doit être bon. Il s’agit de Capharnaüm, un film libanais réalisé par Nadine Labaki.

Capharnaüm débute dans un tribunal où un petit garçon du nom de Zain porte plainte contre ses parents pour lui avoir donné la vie. Du haut de ses 12 ans, il est détenu en prison parce qu’il a poignardé quelqu’un. Le film est captivant du début jusqu’à la fin. Il se déroule en flashbacks entre le tribunal et les aventures (ou mésaventures) de ce petit garçon qui a fui ses parents. Il ne pouvait plus supporter les maltraitances et surtout l’injustice lorsque ses parents ont donné sa sœur de 11 ans en mariage. Cette scène m’a fendu le cœur. Bon, je m’arrête là sinon je risque de vous raconter tout le film. No spoil.

Capharnaüm est un film très poignant et émouvant. On dirait presque un documentaire tellement tout semble refléter la réalité, aussi bien les acteurs – non professionnels – que l’histoire ou le cadre. La pauvreté des gens m’a beaucoup frappé. Ils se savent insignifiants et chacun essaie juste de survivre comme il le peut. Les insultes et la violence font partie intégrante de leur quotidien.

En regardant ce film, j’étais tellement bouleversée que j’ai laissé mes larmes s’échapper. La vie est parfois trop injuste. Je me suis dit que jamais plus je ne regarderai les mendiants de la même manière. Personne ne choisit de vivre dans les rues. Chacun a sa propre histoire qu’on ne peut même pas imaginer. Les gens ont parfois l’habitude de juger sans savoir.

Je suis aussi d’accord avec Zain. Mettre au monde un enfant dont on ne peut pas s’occuper est un crime. Ce petit ne va pas à l’école. Il travaille pour ramener de l’argent à la maison. Il participe à un trafic illégal de médicaments avec sa famille. Et comme si cela ne suffisait pas, il est mal aimé, maltraité et constamment insulté par ses parents. Ça ne peut pas être une vie pour un enfant. Malheureusement, ça ne se passe pas qu’au Liban mais dans le quotidien de plusieurs malgaches aussi.

Au final, je n’ai pas du tout gâché mon dimanche après-midi en allant regarder ce film. Capharnaüm est d’une authenticité rare, loin des grandes mises en scène ou effets spéciaux. Je remercie l’Unicef Madagascar pour l’invitation. Et pour ceux qui recherchent une bonne dose d’émotions, Cinépax diffuse le film les 12, 13 et 14 février 2019 à 18h. Aux dernières nouvelles, ce film est aussi nominé aux oscars 2019 dans la catégorie des films en langue étrangère.


Une heure de pluie et Antananarivo est sous les eaux

Hier, 7 février 2019, il a plu pendant une heure à partir de 15h dans la ville d’Antananarivo. Ce n’était pas une simple pluie. Elle était torride et accompagnée de vents forts. Très vite, plusieurs citoyens publiaient des photos d’inondation un peu partout dans la ville.

Je me rappelle des discussions que j’ai eu avec Marie Louise Rakotondrafara, attachée directeur à la Direction Générale de la Météorologie de Madagascar en 2016. Ce dont on a parlé ce jour-là explique bien le phénomène d’aujourd’hui.

Tout d’abord, les fortes précipitations sont signes de changement climatique. En effet, Marie Louise Rakotondrafara a expliqué que le changement climatique se manifeste par des phénomènes météorologiques de plus en plus violents et extrêmes. Par exemple, au lieu d’avoir quatre cyclones moins intenses, on a un cyclone très puissant. Et au lieu de pleuvoir petit à petit pendant plusieurs jours, la pluie tombe en abondance d’un coup sur une même nuit ou en l’espace d’une heure comme hier après-midi. Et quand il y a de fortes précipitations, le sol ne parvient pas à absorber l’eau d’où l’inondation, dit-elle. Et c’est ce que la population d’Antananarivo a vécu hier.

Mais le problème d’Antananarivo est encore plus complexe. Toujours selon Marie Louise Rakotondrafara, l’obstruction des canaux d’évacuation à cause des déchets empêche l’écoulement des eaux. Aussi, les routes en bitume et les dalles en béton dans la cour des maisons ne facilitent pas l’absorption de l’eau par le sol.

Voila, nous sommes victimes de nos propres actes telles qu’il est dit dans la chanson de Milly Clément « Mandrora mantsilany. » Cette chanson veut surtout sensibiliser les gens à ne pas détruire la forêt parce que cela va se retourner contre nous. Mais on peut en tirer que « qui sème le vent récolte la tempête », alors autant faire attention à tout ce qu’on fait.


OP500 : « Ensemble, reboisons et sauvons Madagascar »

Comment ne pas être choqué quand on voit l’état de déforestation à Madagascar. Selon Global Forest Watch, de 2001 à 2017, Madagascar a perdu 3,27 millions d’hectares de forêts. Mais ça fait chaud au cœur de voir plusieurs initiatives se mettre en place pour espérer une Île verte à nouveau. J’ai eu l’opportunité d’échanger avec la porteuse d’une de ces belles initiatives. Rasoanaivo Hanitrarivo, connue surtout en tant qu’artiste mais aussi comme grande défenseure de l’environnement, m’a parlé de son projet OP500.

OP500 est une association qui a pour but de planter 600 000 arbres à Madagascar dans trois prochaines années. Elle vise à reboiser les zones défrichées à Antananarivo et compte planter 6 000 arbres pour commencer. Créée depuis à peine trois mois (2 novembre 2018), elle a à son actif 5000 pépinières et plus de 400 volontaires. Rien que le 2 février 2019, son équipe a planté 1100 Acacia à Ivato Be. Et le programme du reste de la saison de reboisement est déjà planifié.

Une partie de l’équipe en action – Crédit photo: OP500

Rasoanaivo Hanitra est bien consciente que la dégradation du sol, des forêts, de l’air et de l’eau ont un impact considérable sur la santé de l’homme. « Les gens n’aiment plus planter des arbres. Ils ne savent que couper et détruire l’environnement. J’en ai marre de cela », a-t-elle dit.  C’est de là qu’est né son projet de reboisement.

OP500 veut en fait dire « opération 500Ariary ». Chaque citoyen est invité à envoyer une petite contribution de 500Ariary (environ 0,13 euros) via Mvola (mobile money). C’est grâce à la somme récoltée que l’association peut mener à bien ses activités telles que l’exploration des zones à reboiser, l’achat de jeunes plants, la préparation du terrain… Je trouve cela formidable que l’association prévoit également le suivi des arbres et qu’elle remplace ceux qui n’ont pas poussé. Le reboisement de 800 arbres sur la colline d’Ambohimailala a été une réussite à hauteur de 99,98% rapporte l’association.

« L’environnement est détruit et chacun devrait faire quelque chose. Nous avons fait exprès [de faire contribuer les gens] pour que les malgaches se sentent responsables et se donnent la main pour remédier à ce fléau », explique Rasoanaivo Hanitra.

Pour soutenir le projet OP500, vous pouvez faire un don ou rejoindre leur équipe de volontaires. Les spécialistes en arbres sont également les bienvenus. Pour toute information, vous pouvez prendre contact avec l’association sur sa page Facebook OP500.

J’ai beaucoup d’admiration pour les gens qui agissent et qui ne font pas que critiquer, blâmer et se plaindre. Et ce projet de reboisement OP500 est juste magnifique et encourageant.

 


Campagnes de vaccination: oui pour mes enfants

Les campagnes de vaccination font polémiques à Madagascar. Certains parents ont peur que ce soit une conspiration pour exterminer les enfants malgaches. D’autres s’inquiètent de savoir si la méthode de conservation des vaccins est respectée.

J’ai demandé conseil auprès de ma belle-sœur médecin. Elle a expliqué que c’est une coopération entre l’État malgache et ses partenaires techniques et financiers. Ils organisent de telles campagnes pour permettre à plus d’enfants d’être protégés de maladies graves telles que la poliomyélite ou la rougeole.

Depuis le mois d’octobre 2018, il y a eu une grave épidémie de rougeole dans la Grande Île. Le ministère de la santé publique a rapporté que la rougeole a causé la mort de 67 victimes dont la plupart sont des nourrissons.

Photo de tpsdave via Iwaria

Le meilleur moyen de se protéger contre la rougeole est le vaccin. J’apprends qu’il y a une campagne de vaccination gratuite contre ce virus cette semaine. Lorsque mes enfants m’ont remis la demande d’autorisation de les vacciner de la part de l’école, j’ai tout de suite donné mon accord.

L’année dernière, j’ai eu l’occasion d’échanger avec des responsables du ministère de la santé publique au sujet des campagnes de vaccination anti-polio. Je leur ai rapporté les soucis de beaucoup de parents. Ils m’ont assuré que les vaccinateurs sont des agents formés et la technique de conservation des vaccins est bien respectée. Les vaccins proviennent de laboratoires aux normes, soutiennent-ils. La gratuité de ces vaccins est possible grâce aux appuis des partenaires internationaux tels que UNICEF, USAID, l’Alliance Mondiale GAVI, la fondation Bill Gates ou encore l’Union Européenne…

Je suis certaine que les principes sont les mêmes pour cette campagne de vaccination contre la rougeole.

Je suis reconnaissante envers tous les responsables qui ont permis l’organisation de cette campagne. Mes enfants seront protégés et cela gratuitement. Il faut noter que le coût de ce vaccin est quand même élevé pour la majorité des foyers malgaches. En effet, le prix affiché par l’institut pasteur pour un vaccin « rougeole, oreillon, rubéole » (ROR) est de 60 000Ar (environ 14 Euros). Le vaccin anti-rougeoleux (VAR) de cette campagne coûte parait-il plus de 100 000Ar.

J’écris ce billet pour témoigner que mes enfants ont bénéficié des vaccins gratuits anti-polio et qu’ils se portent bien. J’espère que d’autres parents seront convaincus. Je souhaite que ces campagnes de vaccination gratuites continuent pour le bien-être du grand public.


Demokr’Ankizy, les enfants s’adressent au futur président

Demokr’Ankizy, la démocratie par les enfants, est une émission audiovisuelle où on donne la parole aux enfants pour parler de sujets souvent jugés réservés aux adultes.

L’émission rentre dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de l’enfance. Elle se fait en partenariat avec Unicef Madagascar, Prodcom et STEP UP. « Si j’étais président » était le thème de la première édition diffusée en direct le 27 octobre 2018 sur TVM (chaîne nationale malgache), Dream’In et la page Facebook de Unicef Madagascar.

Dans la culture malgache, on a pour habitude de respecter les aînés et on oublie souvent que les enfants ont aussi leur mot à dire. D’où l’importance de cette émission qui, pour une fois, est faite par les enfants. J’adhère totalement à ce genre d’initiative. J’avais justement très hâte de les entendre. Et je n’ai pas été déçue. Ces enfants ont marqué des points avec leurs visions qui misent sur le bien-être des citoyens et le développement de Madagascar. Je vote pour.

Justement, les enfants n’ont pas le droit de voter mais rien ne les empêche d’exprimer leurs opinions. A travers DemokrAnkizy, ils se sont adressés aux candidats aux élections présidentielles prévues le 7 novembre 2018.

Les enfants ayant participé à Demokr’Ankizy – Crédit photo: UNICEF/2018/Ralaivita

Environnement, l’affaire de tous

Les enfants comprennent la grande importance des arbres dans la vie des êtres vivants. Fanja est consciente que la forêt donne la pluie, l’eau, donc la vie. « Lorsque vous coupez des arbres, vous devez en replanter, » incite Tafita.

Le titre de la vidéo de Sylvanna m’a marqué: « Ny tontolo tsy iainana ». Pour ceux qui ne comprennent pas le malgache, « tontolo iainana », trad. lit. monde où l’on vit, signifie environnement. « Tontolo tsy iainana » veut dire monde où l’on ne vit pas, un monde où l’on ne veut pas vivre. En effet, cette vidéo montre des endroits insalubres par la faute des humains qui jettent les déchets n’importe où. Une très mauvaise habitude qu’il faut arrêter de faire, ont insisté les enfants.

Si les enfants étaient présidents :

Une chose est sure, les enfants ont compris le mal de ce pays. Voici leurs solutions.

Démocratisation de l’éducation

Pour Roy, l’éducation est primordiale pour développer le pays. « Mon rêve est que tous les enfants aient accès à l’éducation, » a-t-elle dit.

Population malade, pays malade

Erive s’inquiète pour les femmes enceintes qui perdent la vie en chemin vers un hôpital trop éloigné. Il se rend aussi compte que beaucoup d’enfants ne sont pas vaccinés. « Je créerai un hôpital pour enfants par fokontany (quartier). Et les soins seront gratuits, » rêve ce petit garçon de 14 ans. « Les femmes et les enfants ont le droit à la santé. Et lorsqu’on est en bonne santé, on peut travailler, » ajoute-t-il.

Plus soif

Beaucoup de malgaches n’ont pas accès à l’eau potable. Fandresena souhaite y remédier. « Si j’étais président, je mettrais en place trois bornes fontaines par fokontany. » Trois afin d’éviter les longues queues pour chercher de l’eau. Gratuitement pour que tout le monde puisse en profiter.

Demokr’Ankizy a réussi à prouver que les enfants peuvent aussi être impliqués dans des discussions dites « sérieuses ». Et qui de mieux qu’eux pour parler de leurs droits. J’espère que les messages de ces enfants sont bien passés.

Pour ceux qui ont raté l’émission, une rediffusion est prévue le 20 novembre 2018, journée mondiale de l’enfance. Le prochain rendez-vous pour une autre Demokr’Ankizy est le 20 décembre. Peut-être avec quelques techniques à améliorer. Moi, je dis bravo les enfants.


Amberomena, un village malgache figé dans le temps

L’année dernière, pour mon travail, j’ai eu l’opportunité de découvrir un petit village reculé de la commune de Belavabary, Moramanga. Amberomena m’a fasciné d’une certaine manière et je me suis vite attachée à ses villageois.

Amberomena et le fihavanana

Andriamihaja a une fois écrit que le fihavanana* est mort. Moi, j’ai toujours cru que finalement, les belles histoires autour du fihavanana ne sont que des légendes. Ce que je vois au quotidien autour de moi ne fait que confirmer cela. Nous sommes devenus trop individualistes. Tous ? Non, pas tous. À Amberomena, l’entraide est la règle.

Les habitants du village se donnent la main pour construire leur maison. Ils dressent l’ossature en bois et le mur est ensuite fait avec des couches de boue. La toiture est en chaume. Chaque foyer comporte une ou deux petites pièces qui font office de chambre à coucher, cuisine et salon. Très peu ont le sol en ciment.

Village Amberomena. Photo: Lalah Ariniaina
Village Amberomena – Crédit: Lalah Ariniaina

Lorsque certaines mères de famille doivent partir pour faire leur lessive, par exemple, celles qui restent au village s’occupent de tous les enfants. Ce qui m’a frappé, c’est de voir que même si elles sont loin de rouler sur l’or, elles donnent le peu qu’elles ont. J’ai vu ces femmes partager du manioc à leurs enfants et ceux des autres.

Féminisme ? Qu’est-ce que c’est ?

J’étais choquée lorsqu’on a demandé aux jeunes filles leur ambition dans la vie et qu’elles ont presque toutes répondu: ‘se marier’. Puis, j’ai bien observé le quotidien des villageois et j’ai compris pourquoi. Amberomena est un village organisé à l’ancienne. Les hommes et les femmes ont des rôles bien définis. Les hommes s’occupent des champs; les femmes, du foyer et des enfants.

Une scène d’apparence banale m’a révoltée. Alors que certains hommes se prélassaient, les femmes et les jeunes filles étaient de corvée d’eau. Elles doivent marcher 1,5 km pour atteindre la source. Elles remontent ensuite une pente avec le seau rempli d’eau. J’essaie d’imaginer à quel point ça doit être pénible. Leur seau est lourd. Elles font l’aller-retour 2 à 3 fois par jour. Et comme si ça ne suffisait pas, certaines de ces femmes portent un bébé sur leur dos.

J’ai du mal à accepter qu’une femme soit juste bonne à faire des enfants et s’occuper des tâches ménagères. Mais en regardant ce village de plus près, je me rends compte que leur vie est bien organisée et paisible. Aussi bien les hommes que les femmes semblent être heureux. Alors, je n’avais pas envie de changer leur manière de penser. Moi avec mes droits de la femme du “monde moderne”, je me suis tue. J’ai préféré les laisser vivre leur vie.

Famille Amberomena . Photo: Lalah Ariniaina
Cette famille était très heureuse de me recevoir à déjeuner Crédit: Lalah Ariniaina

Amberomena et la technologie

Je dois admettre que je n’ai pas beaucoup voyagé dans les zones reculées de Madagascar. Alors, en arrivant au petit village d’Amberomena, j’étais étonnée de voir que la seule nouvelle technologie qu’ils connaissent, c’est la radio. Pas de téléphone, pas de télévision, pas d’électricité. Rien. Seul un toit des quelques maisons du village avait un petit panneau solaire pour justement charger la radio. Je suis impressionnée qu’on puisse vivre avec si peu.

En quittant Amberomena, j’ai appris une bonne leçon de vie.

Je suis ravie d’y retourner cette année. Mon association Go4initiative a organisé une collecte de dons afin de scolariser les enfants d’Amberomena.

*Le fihavanana est une forme de lien social valorisé dans la culture de Madagascar, s’apparentant à l’entraide et à la solidarité.


Enragée contre l’Etat qui m’a délivré un faux permis ‘biométrique’

Juin 2015, j’apprends par le site du Trésor Public [ils ont enlevé l’annonce depuis] que le public aurait jusqu’au fin mai 2016 pour changer le permis de conduire de 3 feuillets roses en un joli petit permis biométrique moderne. Mes premières réactions : c’est super, on évolue, la loi c’est la loi, je vais le faire. Et je l’ai donc fait.

Ayant changé mon permis lors d’une séance organisée au bureau de mon mari, j’ai eu plus de chance par rapport à mon frère et des milliers d’autres personnes. Eux, ils ont dû faire une longue queue depuis 4h du matin pour pouvoir être reçus à l’ouverture des bureaux du Faritany sis à Ambohidahy. Beaucoup ont dû prendre au moins une journée de congé pour être en règle. Lorsque mon frère est arrivé, on lui a demandé si son dossier était complet. Puis, on lui a proposé de l’aide pour accélérer la procédure… moyennant bien sûr rétribution. Il n’est pas le seul témoin de cette approche corrompue, la mondoblogueuse Rindra l’a été également.

Depuis le début, un manque de sérieux de la part de l’Etat a été noté. Les échéances ont été reculées à plusieurs reprises. A un moment donné, les machines pour imprimer la carte sont tombées en panne. Certains gendarmes n’ont pas été informé du changement et ont paraît-il cru à une mauvaise blague lorsqu’on leur a montré une ‘télécarte’ à la place du permis de conduire.

Bref, j’ai changé mon permis de conduire. Je prends mon téléphone pour voir le QR code. Rien. Ça m’a mis la puce à l’oreille mais je ne m’en suis pas inquiétée plus que ça. Et là, l’Etat confirme que ce permis n’est finalement pas biométrique et n’est pas valide sur le plan international. Il prévoit de le changer de nouveau l’année prochaine. Gratuitement ont-ils dit mais tout de même, comprenez mon indignation.

  • L’Etat m’a volontairement induit en erreur en prétendant que le remplacement de mon ancien permis de conduire, serait une carte BIOMÉTRIQUE.
  • L’Etat s’est rendu coupable d’escroquerie, de faux et usage de faux puisqu’ils ont sciemment produit et distribué des faux documents aux citoyens malgaches.
  • L’Etat a profité de ma conscience citoyenne pour me berner et me faire perdre de l’argent et surtout mon temps INUTILEMENT.
  • L’Etat fuit ses responsabilités dans cette affaire et les autorités en charge du dossier se rejettent les torts: entre les personnes qui ont pris la décision, les exécutants et l’entreprise qui a produit les cartes. Personne n’a pensé à s’excuser… Alors, moi, j’exige des excuses publiques. Et surtout, je réclame des sanctions à l’encontre des responsables.


La fée des dents malgache

– Maman, je la place sous mon oreiller et la petite souris va passer ?

Une dent de mon fils venait de tomber. Et je me suis rendue compte que les histoires occidentales  à travers les livres et dessins animés lui ont fait croire à la fée des dents. Je lui ai dit qu’on fait autrement à Madagascar.

Je me revoyais dans mon enfance. « Papa, papa ! J’ai encore perdu une dent. » Et toute fière j’allais avec lui lancer ma dent par dessus le toit en criant bien fort : « Iny nify ratsy, soloy nify tsara » (Voilà une mauvaise dent. Remplacez-la par une bonne).

Maintenant que je veux faire passer cette tradition malgache à mes enfants, je me suis posée des questions. Pourquoi au juste lancer la dent de lait sur le toit ? Que signifie exactement la phrase ? Ou plutôt, à qui s’adresse-t-on en la lançant ?

J’ai demandé à mon père mais lui-même ne sait pas. J’ai fait quelques recherches sur internet mais je n’ai pas trouvé de réponse. Par contre, j’ai trouvé un document intéressant à lire sur « La bouche et les dents dans les coutumes malgaches » par Decary Raymond, un scientifique français, spécialiste de Madagascar.

La meilleure explication que j’ai pu retenir est celle d’un ami. Il parait donc qu’en prononçant ces mots, on s’adresse aux ancêtres.  Cet ami fait appel à Rainiketamanga (le nom de son ancêtre) lorsqu’il lançait sa dent de lait ou même lorsqu’il lui arrive d’avaler une arrête de poisson. «Et ça marche! », a-t-il précisé.

Justement, les ancêtres ont une très grande place dans la croyance des malgaches (même si cette croyance a tendance à disparaitre de nos jours). M.G. Grandidier, un géographe, ethnologue et zoologiste français qui a étudié l’île de Madagascar,  a écrit dans son article « A Madagascar, anciennes croyances et coutumes » :

Capture: A Madagascar, anciennes croyances et coutumes – M. G. Grandidier
Journal de la Société des Africanistes Année 1932 Volume 2 Numéro 2 pp. 153-207

Alors voilà, je me suis contentée d’apprendre à mon fils à lancer sa petite dent sur le toit en disant « Iny nify ratsy, soloy nify tsara ». Il a été aussi enthousiaste que moi à son âge.  Sa dent a poussé depuis.

Sinon, je vous invite aussi à lire ce billet « La légende de la petite souris et de la fée des dents » qui partage la pratique dans divers pays. D’ailleurs, j’y découvre que les enfants togolais jettent également leurs dents de lait par dessus le toit.


La sécheresse guette Antananarivo

« D’habitude je n’aime pas la pluie. Et c’est la première fois dans ma vie que je prie pour qu’il pleuve, » a avoué une proche.

Effectivement, à Madagascar, nous sommes censés être en pleine saison de pluie mais les précipitations se font très rares. D’ailleurs, l’équipe de la météo a déjà annoncé en octobre dernier (2016) que cette saison de pluie débutera beaucoup plus tard cette année.

Il y a quelques temps, la JIRAMA (entreprise publique fournisseur en eau et électricité à Madagascar) a contrarié des milliers de citoyens malgaches lorsqu’ils ont fait paraître une note dans la presse. Elle explique qu’elle doit procéder au délestage dû à l’insuffisance des eaux des barrages d’Andekaleka, de Mandraka, d’Antelomita et de Sahanivotry. En effet, les centrales hydro-électriques n’arrivent pas à produire assez d’énergie pour alimenter toute la Ville Des Milles. La JIRAMA met cela sur le compte du changement climatique causé par la déforestation et les cultures sur brûlis.

En fait, ce qui a fâché les clients de ce fournisseur, c’est que la JIRAMA ne reconnait jamais sa responsabilité pour ce qu’elle fait subir à ses abonnés. Elle trouve toujours des prétextes. Tantôt c’est l’abondance des eaux qui entraîne le délestage, tantôt c’est son insuffisance. Sinon, c’est le manque de carburant ou la vétusté des matériels et équipements. Du coup, beaucoup ne voulaient plus les entendre. (Et détrompez-vous. Même si je comprends la situation, je n’excuse pas la JIRAMA pour autant. Mais ça, ce sera une autre histoire).

Malheureusement, mon mari et moi – et beaucoup d’autres tananariviens – étions choqués d’avoir vu le fleuve d’Ikopa asséché en passant par Tanjombato ce samedi (14/01/2017). On a été terrifié.

Que se passe-t-il?

Météo Madagascar apporte des explications. Elle confirme que d’un côté, c’est dû à la déforestation et aux cultures sur brûlis pratiquées sur l’île depuis ces quelques années. On sait presque tous ce que cela entraîne mais beaucoup n’en sont pas vraiment conscients. « En absence d’arbres, lorsqu’il pleut, l’eau ne s’infiltre pas dans le sol mais coule. Le niveau de la nappe phréatique diminue et les sources se tarissent. Nous ne devrions pas nous étonner si on peut marcher sur le lit d’Ikopa et que les pierres et sables soient apparents.  »

D’un autre côté, toujours selon Météo Madagascar, beaucoup de zones, surtout urbaines, sont imperméables : les routes goudronnées, les cours recouvertes de ciment… Une fois de plus, l’eau des pluies ne s’infiltre pas dans le sous-sol. « C’est normal s’il n’y a plus assez d’humidité sur la partie Est de Madagascar. »

Que faire?

Et c’est encore les techniciens de la météo qui nous proposent des solutions.
– A court terme : On peut envisager de faire tomber des pluies artificielles si les conditions sont remplies. Cela requiert assez d’humidité donc des nuages. Ensuite, il ne faut pas qu’il y ait beaucoup trop de vent car le vent dissipe les nuages. Enfin, cela demande suffisamment de fonds et de matériaux pour ce faire sans oublier le besoin en ressources humaines compétentes.
Plusieurs personnes ont justement réclamé des pluies artificielles. Comme nous pouvons le constater donc, ce n’est pas aussi simple. Et à l’équipe de la météo d’avouer que « Les pluies artificielles ne pourront pas rattraper le niveau d’eau qu’on aurait dû recueillir depuis toutes ces années de pratique de « tavy » »

– Chaque citoyen urbain est invité à disperser de l’eau pour contribuer à l’humidification de l’atmosphère. « Si, par exemple, 1000 familles versent 10 litres d’eau (eaux usées débarrassées des restes alimentaires…), cela peut faire monter jusqu’à au moins 5 tonnes d’humidité vers l’atmosphère. »

– Je ne peux que soutenir l’appel de la Météo Madagascar:

« Il faut préserver les forêts en arrêtant la coupe des arbres et les feux de brousse. Protégeons-les. Plantons des arbres. Il serait bien de faire appliquer des mesures sévères pour prévoir l’avenir des jeunes et générations futures malgaches »

La sécheresse nous guette. Nous ne pouvons plus dire que le changement climatique ne nous concerne pas. C’est maintenant une question de vie ou de mort.

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Noël et moi, un amour indéfinissable

Avez-vous déjà eu une relation compliquée ? Un jour, vous tombez amoureux. Un autre jour, cette relation vous déçoit et vous déprime. Vous avez envie d’oublier, de haïr mais au final vous n’y arrivez pas. Cette relation vous hante et ne vous lâche pas. Votre tête vous dit de tout arrêter mais c’est le coeur qui l’emporte. Un amour qui vous rend heureux et mélancolique. C’est tout un mélange de sentiments à la fois. Je vis ça avec Noël.

Je suis tombée amoureuse de Noël

Je suis tombée amoureuse de Noël dans ma tendre enfance. Un amour pur. Un amour simple. Un amour joyeux. C’est passé de génération en génération chez ma famille. Ma grand-mère était une grande adepte de la fête de la Nativité. C’était l’évènement de l’année le plus important pour elle. Elle était du genre à collectionner des friandises dans son sac pour les partager à nous, ses petits enfants le 25 décembre. Et malgré son invalidité, elle réussissait toujours à aller aux Pavillons Analakely (marché) pour nous acheter nos robes de princesses. J’adorais grand-mère au coeur d’ange. « Bebe (Grand-mère) Gâteau », on l’appelait, tout simplement parce qu’elle regorgeait de douceur et d’amour.

Dès le début du mois de décembre, on n’avait qu’une hâte: décorer le sapin. En ces temps là, on avait le vrai sapin naturel. C’était beau. C’était magique. Les chants de Noël étaient plus beau encore. C’est doux aux oreilles mais surtout au coeur. Le repas n’était pas ce qui m’emballait le plus. Par contre, pour les cadeaux, on était bien gâté. J’adorais ce temps là. Il n’y avait que du bonheur.

Tout ce bonheur a basculé

Tout ce bonheur a basculé un réveillon de Noël. Cet amour que j’avais pour le 25 décembre est devenu amère. Il m’a volé ma mère. Une semaine auparavant, elle disait encore que Noël était sa fête préférée. Je vous l’ai dit; l’amour pour cette fête est passée de génération en génération. Il était 1h du matin. Ma tendre mère a quitté ce monde bercée par l’écho des cantiques d’une église au loin. Des chants qui m’auraient rendu joyeuse. Mais ce que je ressentais était tout autre. Trahison. Injustice. Colère. Déchirure. Magie de Noël tant ressassée, où était-elle?

Pardon

Noël et moi avons rompu cette nuit là. « Comment pourrai-je encore l’aimer après qu’il ait pris ma mère? », me disais-je. Je me suis trompée. J’ai fini par le pardonner.

Trois ans après le départ de ma mère, je suis devenue maman à mon tour. Je ne pouvais plus garder cette haine envers Noël en moi. Je ressentais cette grande envie de faire passer aussi cet amour pour la fête de la nativité à mes enfants. Et tout en douceur, j’ai réappris à aimer décorer le sapin, préparer le repas, acheter les cadeaux… J’ai fini par adorer de nouveau les bons films de Noël. J’ai réussi par me laisser bercer par les douces et belles cantiques.

Noël et moi, c’est bien une relation compliquée, un amour indéfinissable. J’ai pardonné mais je n’ai pas réussi à oublier. Alors, depuis, je suis partagée entre joie et tristesse à l’approche de cette fête. Pour ma consolation, je me suis dit que la magie de noël était que ma mère soit partie un jour qu’elle adorait. Enfin, c’est ce que j’ai envie de croire.