Des paysans malgaches découvrent la permaculture

Comme vous l’avez sans doute remarqué, depuis quelque temps, je me suis intéressée de plus près au changement climatique. J’essaie surtout de partager avec vous les initiatives pour lutter ou diminuer les impacts de ce fléau planétaire. Aujourd’hui, je vais parler d’une technique agricole.

Les 28 et 29 septembre 2015 Ecovillage Madagascar a organisé une initiation de quelques paysans malgaches à la permaculture. J’ai été ravie d’avoir assisté à une partie de cette formation.

Qu’est-ce que la permaculture? Quels sont ses atouts?

Andrianjafy Rasoanindrainy

Andrianjafy Rasoanindrainy

Andrianjafy Rasoanindrainy, principal initiateur et fondateur du projet Ecovillage Madagascar, explique: « En résumé, la permaculture est un système de culture permanente. Dans un contexte de pauvreté et d’insécurité alimentaire comme à Madagascar, cela a son importance puisque cela implique une production alimentaire continue et donc une sécurité alimentaire continue et améliorée.
Dans le fond, la permaculture va au-delà de la simple agriculture, c’est une façon de penser, de vivre, c’est une philosophie et d’autres diront c’est un art
. »

Afin d’améliorer les conditions de vie des populations rurales et surtout pour améliorer l’environnement et la gestion des ressources naturelles, l’Ecovillage Madagascar organise des séances de formations en permaculture. En effet, selon Andrianjafy, le paysan malgache est devenu dépendant des moyens dits « modernes », coûteux et non durables qui détruisent son environnement au fil du temps. « Le paysan malgache travaille beaucoup pour rien. Il n’y pas vraiment d’efficience. En fin de compte, sa vie ne s’améliore pas. »

Et convaincre les paysans de changer et d’adopter les techniques de permaculture est tout sauf facile. « La permaculture utilise plus de ressources intellectuelles que de ressources musculaires et parce que les paysans ont déjà été éduqués depuis des décennies aux mauvaises manières de produire rapidement juste pour manger demain« , avoue Andrianjafy.

Que pensent les participants et/ou paysans de ce système?

J’ai profité de l’occasion pour discuter un peu avec quelques participants de la formation. « Ça me fait rêver. Ça me donne espoir« , répondit François Rasavelo.

Fidy Andriamanalina  est aussi enthousiaste. « La façon dont on utilise le sol change. Désormais, avec cette nouvelle méthode, on peut cultiver tout au long de l’année et on abandonne la monoculture (une seule espèce de plante sur une parcelle) ».

Rasoamanana Sylvain

Rasoamanana Sylvain

Rasoamanana Sylvain va mettre à l’essai les techniques permaculturales qu’il vient d’acquérir. « Si ça marche, je vais les adopter« , dit-il. Mais Sylvain a relevé un problème de matériel pour la mise en place de cette méthode, notamment, le système d’arrosage. « En attendant, je vais continuer à utiliser mon arrosoir« , confia-t-il.

Rakotonirina Célestin a déjà mis la permaculture en pratique. En effet, il habite dans l’Ecovillage Madagascar à Talatanivolonondry. « Ma façon de vivre a changé. Ça s’est amélioré. C’est moins fatigant. Je peux gagner ma vie avec les bonnes récoltes« , témoigne-t-il.

Changement climatique et permaculture

Les quelques paysans avec qui j’ai discuté ne ressentent pas encore l’imminence du danger que représente le changement climatique.
Au contraire, Andrianjafy Rasoanindrainy affirme qu’à Madagascar, le changement climatique s’avère plutôt bénéfique, car il y a plus de pluie et de chaleur et cela est un atout pour l’agriculture.
Un aperçu d'une parcelle permaculturale

Un aperçu d’une parcelle permaculturale

Néanmoins, ces paysans sont persuadés que cette nouvelle méthode agricole contribue à la lutte contre le changement climatique. En effet, ils n’utilisent plus de produits chimiques. Premièrement, plus d’engrais chimiques. Ils donnent place au compost et au fumier. Deuxièmement, plus d’insecticides. Grâce au système multicultural, « les plantes se protègent entre elles ». Par exemple, les insectes nuisibles aux carottes n’aiment pas les oignons. L’association de ces deux espèces de plantes sur une même parcelle éloigne donc les insectes.
« Et l’abandon des produits chimiques est triplement bénéfique: pour la santé, pour l’environnement et pour le portefeuille« , reconnaît Rasoamanana Sylvain.
Un pot de pépinière en papier journal

Un pot de pépinière en papier journal

J’ai noté qu’en permaculture, on utilise beaucoup moins d’eau par rapport au système traditionnel. Et j’ai pu aussi observer qu’ils utilisent du papier journal pour faire des pots de pépinières. Méthode simple et ingénieuse. J’adopterai bien ce système permacultural lorsque, plus tard, j’aurai un jardin potager.

*** Cet article a été réalisé dans le cadre du projet Médias21 Afrique de CFI, l’agence française de coopération médias.

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Jeune femme, maman, malgache, blogueuse, citoyen journaliste, photographe amatrice passionnée

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