Hôtel Happy: un engagement citoyen

Mahavelona, plus connu sous l’appellation « Foulpointe », est une ville située dans la zone littorale est de Madagascar. J’aime bien y passer des vacances pour sa proximité par rapport à Antananarivo (d’où je suis), pour sa plage paisible et pour le coût de la vie qui est plus ou moins abordable. J’y suis allée récemment et j’ai fait la rencontre d’une personne assez unique en son genre: RASOLOARIMANANA Andriamananjara (Njara), gérant/associé de l’hôtel Happy où j’ai séjourné.

Compte-tenu du fait que Foulpointe est une destination touristique, les hôtels y pullulent mais l’établissement que notre ami Njara gère émerge du lot. En effet, Happy est presque entièrement autonome quant à son approvisionnement en énergie: il utilise des panneaux solaires.

Panneaux solaires utilisés par l'hotel Happy - Foulpointe MadagascarPourquoi l’énergie solaire?

« Nous avons le soleil toute l’année (de 310 à 320 jours par an). Pourquoi s’en priver?« , réplique Njara.

Il explique aussi que c’est leur contribution à la protection et à la préservation de l’environnement. Enfin et non des moindres, c’est pour ne pas être dépendant de la JIRAMA (fournisseur en eau et électricté à Madagascar). A Foulpointe, pendant les périodes de vacances, surtout de juin à aout, même en septembre, il y a deux délestages: le matin et le soir. « Nous avons de l’autonomie grâce à l’énergie solaire. Ce qui satisfait la clientèle« , avoue-t-il.

Hotel Happy Foulpointe MadagascarJ’ai découvert cet hôtel l’année dernière. Son emplacement lui assure une tranquilité à toute épreuve que moi, petite citadine stressée, recherche. Une chose qui m’a attiré de prime abord, c’est ses couleurs vives. Chaque chambre a sa propre couleur et ça donne à l’ensemble un air vivant.

Hotel Happy Foulpointe ToamasinaDans les chambres, l’utilisation de puissants appareils électriques est interdite. J’ai demandé à Njara si une telle interdiction ne décourageait pas les clients. Il m’a affirmé que les clients comprennent leur idée de protection de l’environnement. D’ailleurs, ce qui importe surtout pour les clients c’est qu’il n’y ai pas de coupure de courant. Moi, franchement, je peux me passer de ces appareils pour quelques jours de vacances paisibles. En fait, ce que j’aime aussi c’est leur chambre familiale avec cuisine où, quand je séjourne avec mes enfants, je peux leur préparer à manger comme à la maison et ils adorent ça. Pour information, l’hôtel propose également des chambres double et pour 4 personnes.

D’où vient cette idée de protéger l’environnement?

A Madagascar, il est assez rare de rencontrer un entrepreneur qui se soucie vraiment de l’environnement et qui en a fait la base de son modèle économique.

RASOLOARIMANANA Andriamananjara (Njara), gérant/associé de l’hotel Happy

RASOLOARIMANANA Andriamananjara (Njara), gérant/associé de l’hôtel Happy

Njara est-il un activiste écologique? Je ne sais pas. Ce qui est sur c’est qu’il a un mode de vie qui diffère de la pluplart des malgaches.

A part les plaques solaires, son foyer utilise aussi un four solaire et des « fatana mitsitsy » (réchauds à charbon économiques) de l’ADES. « Au lieu de dépenser 1kg de charbon, nous n’avons besoin que de 250g« , explique Njara. « Les produits ADES sont très intéressants mais peut-être qu’ils ne sont pas à la portée de tous les foyers malgaches. 15,000Ar pour le réchaud d’ADES est un prix correct mais les gens préfèreront sans doute les soit-disant « fatana mitsitsy » qui sont moins efficaces mais qui coûtent 2,000 ou 3,000 Ariary au marché », précise-t-il.

La pépinière de Njara

La pépinière de Njara

Njara a la main verte. Il plante des arbres fruitiers, des légumes et des brèdes dans son jardin. Il fait lui-même son compost. « Je ne veux absolument pas utiliser des produits chimiques pour justement protéger l’environnement« , dit-il. Et il ajoute:

« Même si c’est une petite initiative personnelle, c’est ma contribution à la lutte contre le réchauffement de la planète. »

Changement climatique à Madagascar?

Voici ce qu’en dit Njara:

« Il y a le changement climatique à Madagascar et dans le monde entier d’ailleurs. Pour donner des exemples sur la côte Est de l’île, les bordures de la plage diminuent à cause de la montée des eaux parce que les glaciers du pôle nord fondent. Les températures à Toamasina qui  devraient être aux alentours de 30°C montent jusqu’à 32, 34, 35. Avant le soleil ne brulait pas la peau. Ce n’est plus le cas actuellement. »

Njara estime humblement que ce qu’il fait relève d’une petite initiative. Moi, je suis persuadée que le changement passe par de telles petites initiatives citoyennes. Je lui souhaite sincèrement sa « part de soleil » dans son entreprise.

*** Cet article a été réalisé dans le cadre du projet Médias21 Afrique de CFI, l’agence française de coopération médias.

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Jeune femme, maman, malgache, blogueuse, citoyen journaliste, photographe amatrice passionnée

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