Noël et moi, un amour indéfinissable

Avez-vous déjà eu une relation compliquée ? Un jour, vous tombez amoureux. Un autre jour, cette relation vous déçoit et vous déprime. Vous avez envie d’oublier, de haïr mais au final vous n’y arrivez pas. Cette relation vous hante et ne vous lâche pas. Votre tête vous dit de tout arrêter mais c’est le coeur qui l’emporte. Un amour qui vous rend heureux et mélancolique. C’est tout un mélange de sentiments à la fois. Je vis ça avec Noël.

Je suis tombée amoureuse de Noël

Je suis tombée amoureuse de Noël dans ma tendre enfance. Un amour pur. Un amour simple. Un amour joyeux. C’est passé de génération en génération chez ma famille. Ma grand-mère était une grande adepte de la fête de la Nativité. C’était l’évènement de l’année le plus important pour elle. Elle était du genre à collectionner des friandises dans son sac pour les partager à nous, ses petits enfants le 25 décembre. Et malgré son invalidité, elle réussissait toujours à aller aux Pavillons Analakely (marché) pour nous acheter nos robes de princesses. J’adorais grand-mère au coeur d’ange. « Bebe (Grand-mère) Gâteau », on l’appelait, tout simplement parce qu’elle regorgeait de douceur et d’amour.

Dès le début du mois de décembre, on n’avait qu’une hâte: décorer le sapin. En ces temps là, on avait le vrai sapin naturel. C’était beau. C’était magique. Les chants de Noël étaient plus beau encore. C’est doux aux oreilles mais surtout au coeur. Le repas n’était pas ce qui m’emballait le plus. Par contre, pour les cadeaux, on était bien gâté. J’adorais ce temps là. Il n’y avait que du bonheur.

Tout ce bonheur a basculé

Tout ce bonheur a basculé un réveillon de Noël. Cet amour que j’avais pour le 25 décembre est devenu amère. Il m’a volé ma mère. Une semaine auparavant, elle disait encore que Noël était sa fête préférée. Je vous l’ai dit; l’amour pour cette fête est passée de génération en génération. Il était 1h du matin. Ma tendre mère a quitté ce monde bercée par l’écho des cantiques d’une église au loin. Des chants qui m’auraient rendu joyeuse. Mais ce que je ressentais était tout autre. Trahison. Injustice. Colère. Déchirure. Magie de Noël tant ressassée, où était-elle?

Pardon

Noël et moi avons rompu cette nuit là. « Comment pourrai-je encore l’aimer après qu’il ait pris ma mère? », me disais-je. Je me suis trompée. J’ai fini par le pardonner.

Trois ans après le départ de ma mère, je suis devenue maman à mon tour. Je ne pouvais plus garder cette haine envers Noël en moi. Je ressentais cette grande envie de faire passer aussi cet amour pour la fête de la nativité à mes enfants. Et tout en douceur, j’ai réappris à aimer décorer le sapin, préparer le repas, acheter les cadeaux… J’ai fini par adorer de nouveau les bons films de Noël. J’ai réussi par me laisser bercer par les douces et belles cantiques.

Noël et moi, c’est bien une relation compliquée, un amour indéfinissable. J’ai pardonné mais je n’ai pas réussi à oublier. Alors, depuis, je suis partagée entre joie et tristesse à l’approche de cette fête. Pour ma consolation, je me suis dit que la magie de noël était que ma mère soit partie un jour qu’elle adorait. Enfin, c’est ce que j’ai envie de croire.

 

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Jeune femme, maman, malgache, blogueuse, citoyen journaliste, photographe amatrice passionnée

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